Cannes 2016 : "Paterson" et "Toni Erdmann" ont la faveur des pronostics

"Paterson" de Jim Jarmusch semble bien placé pour figurer au palmarès du 69e Festival de Cannes
"Paterson" de Jim Jarmusch semble bien placé pour figurer au palmarès du 69e Festival de Cannes - © Le Pacte

À mi-parcours du 69e Festival de Cannes, deux films en compétition semblent se détacher du lot pour la presse internationale, "Paterson" de Jim Jarmusch et "Toni Erdmann" de Maren Ade.

Projeté lundi 16 mai sur la Croisette, le dernier film de Jim Jarmusch, "Paterson" a convaincu les festivaliers et les critiques du monde entier pour sa poésie et sa légèreté. Qualifié d'aérien et de mélancolique, l'histoire d'un chauffeur de bus et poète, interprété par Adam Driver est sublimée par la réalisation bien léchée du cinéaste américain. Ses détracteurs voient davantage un film sans grand intérêt et sans réelle histoire.

Deux jours plus tôt, la Croisette s'était déjà prise de sympathie pour "Toni Erdmann" de l'Allemande Maren Ade, "la plus délicieuse surprise de ce festival", selon le site américain The Wrap. Très drôle, touchant, bouleversant incarné par des comédiens au ton juste, le film a même eu droit à des applaudissements au milieu de sa projection. 

La proposition allemande se place, pour le moment, comme l'une des favoris pour la Palme d'Or, devant "Paterson" et "Sieranevada". Le long métrage du Roumain Cristi Puiu a impressionné la critique pour sa mise en scène. "Même les portes ont du talent chez Cristi Puiu", ironise le Français Éric Naulleau sur Twitter. Un "drame fascinant" pour The Guardian, malgré quelques longueurs déplorées par d'autres critiques.

 

La sélection française à la traîne

Auréolée en 2015 avec "Dheepan" de Jacques Audiard, la France ne fait pas l'unanimité cette année. "Mal de pierres" de Nicole Garcia a déplu pour sa réalisation trop classique et policée malgré une prestation de Marion Cotillard lumineuse. "Ma Loute" de Bruno Dumont a divisé la presse. Ratée pour certains, la comédie loufoque a tout de même fasciné et enchanté certains critiques par son extravagance. "Rester vertical" d'Alain Guiraudie n'a pas emballé le public non plus.

La Palme revient à "Personal Shopper" d'Olivier Assayas, hué pendant sa première projection ce mardi 17 mai. Les critiques n'ont pas hésité à souligner un scénario improbable quand d'autres ont salué la tentative du Français d'essayer des choses nouvelles. Son héroïne Kristen Stewart semble en revanche faire l'unanimité pour son jeu, son magnétisme et sa sensualité.

Parmi les autres projections, "Loving" de l'Américain Jeff Nichols a particulièrement convaincu la presse internationale pour son histoire profonde, émouvante et la qualité des acteurs. Avec "Moi, Daniel Blake", Ken Loach a à nouveau signé un film humaniste, digne et en colère même si certains critiques l'estiment trop manichéen. "Mademoiselle" de Park Chan-Wook n'a pas réitéré l'effet produit par "Old Boy" en 2004 malgré une réalisation appréciée et un scénario bien ficelé. "American Honey" de l'Anglaise Andrea Arnold a déçu pour ses répétitions et son essoufflement.

Le verdict sera rendu dimanche 22 mai par George Miller et son jury. En attendant, il reste encore plusieurs films en compétition à projeter, dont "La Fille inconnue" des frères Dardenne, "Juste la fin du monde" de Xavier Dolan, "The Last Face" de Sean Penn, "The Neon Demon" de Nicolas Winding Refn ou "Elle" de Paul Verhoeven.