Cannes 2016 : le réalisme social de Ken Loach et l'absurde de Bruno Dumont vendredi 13 mai

Ken Loach
Ken Loach - © VALERY HACHE - AFP

La compétition cannoise se poursuit avec les projections de deux réalisateurs attendus au tournant sur la Croisette, Ken Loach avec "Moi, Daniel Blake" et Bruno Dumont avec "Ma Loute".

"Le cinéma anglais n'existe pas", aurait dit un jour François Truffaut. Ken Loach tentera de prouver l'inverse avec la projection de "Moi, Daniel Blake", brûlot contre les méandres de l'administration britannique qui s'intéresse à deux laissés-pour-compte, Daniel Blake, menuisier de 59 ans, et Rachel, une mère célibataire. Le cinéaste anglais, déjà lauréat d'une Palme d'Or avec "Le Vent se lève" en 2006 et de trois Prix du jury, connaît parfaitement le protocole cannois pour avoir déjà monté les marches à douze reprises.

Bruno Dumont a lui aussi déjà grimpé au sommet du Grand théâtre Lumière. Le Français, auréolé par le passé de deux Grands Prix au Festival ("L'Humanité" et "Flandres") et de la Caméra d'Or ("La Vie de Jésus") laisse de côté ses drames réalistes, voire froids, cette année, pour "Ma Loute", un long métrage drôle et absurde, davantage dans la veine de sa série "P'tit Quinquin", présentée en 2014 à la Quinzaine des réalisateurs et diffusée dans la foulée sur Arte.

Ce film d'époque situé dans le Nord de la France en 1910 suit une enquête policière menée par l'inspecteur Machin et son adjoint Malefoy. Sur leur chemin, ils croisent la route de Ma Loute, fils de pêcheurs, et de Billie, fille de riches bourgeois excentriques de Tourcoing. Fabrice Luchini, Juliette Binoche et Valeria Bruni-Tedeschi sont à l'affiche de ce film burlesque.

Les débuts de Lily-Rose Depp à Cannes

Autres stars à fouler le tapis rouge vendredi, la fille de Vanessa Paradis, membre du jury, et de Johnny Depp, est attendue pour la projection de "La Danseuse", premier long métrage de Stéphanie Di Giusto, sélectionné dans la section Un Certain regard. Le film évoque l'univers de la danse à travers l'histoire vraie de Loïe Fuller, danseuse américaine de la fin du XIXe siècle, pionnière de la danse moderne. La chanteuse Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Laurent et François Damiens accompagnent la jeune actrice.

La Quinzaine des réalisateurs dévoilera "L'Économie du couple", film de Joachim Lafosse sur un couple qui se sépare mais continue de cohabiter dans la même maison. Bérénice Bejo, déjà à l'affiche de "Fais de beaux rêves", qui a fait l'ouverture de la section, donne la réplique à Cédric Kahn.

La Semaine de la critique évoquera de son côté le Cambodge et sa modernisation avec "Diamond Island", du Français Davy Chou. À 18 ans, Bora quitte son village rural pour travailler sur Diamond Island, une île sur les rives de Phnom Penh devenue un paradis ultra-moderne pour une population aisée. Il rencontre alors la jeunesse urbaine et favorisée et retrouve son frère, disparu cinq ans plus tôt. C'est le premier long métrage de Davy Chou, qui s'était fait connaître grâce à son documentaire très remarqué "Le Sommeil d'or", sorti en 2012.