Caméras, projecteurs...: des trésors techniques du 7e Art exposés à la Cinémathèque française

"De Mélies à la 3D: La machine du Cinéma" à la Cinémathèque de Paris
"De Mélies à la 3D: La machine du Cinéma" à la Cinémathèque de Paris - © Courtesy of Cinémathèque de Paris

Les caméras de Méliès et de Godard, celles des films "Océans" ou "Minuscule": ces trésors sont présentés à depuis mercredi à la Cinémathèque à Paris, dans le cadre de l'exposition "De Méliès à la 3D: la machine cinéma", consacrée à l'histoire technique du 7e Art.

Projecteurs, caméras, haut parleurs, films rares...: quelque 250 pièces presque entièrement issues des collections de la Cinémathèque, soit 12 tonnes de matériel, sont proposées dans cette exposition, qui se tiendra jusqu'au 29 janvier.

"Ce qu'on veut expliquer ici, c'est comment le cinéma fonctionne, avec quels outils les grands chefs-d'oeuvre ont été réalisés", explique Laurent Mannoni, commissaire de l'exposition et directeur scientifique du patrimoine de la Cinémathèque française, soulignant que "l'histoire technique du cinéma n'a jamais été présentée avant".

"On a la chance d'avoir des caméras qui ont pu filmer aussi bien les premiers films Lumière, les premiers films Méliès, qui ont permis de faire +Citizen Kane+ ou +Autant en emporte le vent+. C'est tout à fait exceptionnel", ajoute-t-il.

Organisée de manière chronologique et thématique, l'exposition retrace la naissance du cinéma - avec le Kinétoscope Edison (1894) ou le Cinématographe de Louis Lumière (1895) - avant de parcourir l'âge d'or du muet, le cinéma sonore et des décennies d'expérimentations jusqu'au numérique, la 3D et la Réalité virtuelle.

Parmi les pièces phares, figurent la première caméra de Georges Méliès (1896), le système sonore par disque synchronisé qui accompagnait la projection du "Chanteur de jazz" (1927) ou les hauts parleurs utilisés pendant la diffusion de "Citizen Kane" (1941).

Sont encore présentés la caméra Technicolor (27 exemplaires au monde) qui a servi à filmer "Autant en emporte le vent" ou "Le Magicien d'Oz", une autre caméra fabriquée spécialement en 1976 pour Jean-Luc Godard (qui voulait pouvoir la mettre dans le vide-poche de sa voiture), la caméra d'"Océans" pour filmer les fonds sous-marins ou celle de "Microcosmos" pour la prise de vues d'insectes.

A la fin du parcours, un court métrage en réalité virtuelle, réalisé en collaboration avec le Lab de l'Institut culturel de Google, ouvre l'exposition vers un cinéma du futur immersif et interactif.

"Ce n'est pas la technique pure et dure qui nous intéresse, c'est le rapport entre celle-ci et l'esthétique, qui est extrêmement fort", indique Laurent Mannoni. "Pour créer de nouvelles images, il faut créer de nouveaux appareils."

L'exposition est accompagnée de conférences, d'un colloque et d'une rétrospective, où toutes les séances seront présentées par des experts et des historiens du cinéma.