BRIFF : "Plaire, aimer et courir vite", l'amour côté cour, la mort côté jardin

BRIFF : "Plaire, aimer et courir vite", l'amour côté cour, la mort côté jardin
BRIFF : "Plaire, aimer et courir vite", l'amour côté cour, la mort côté jardin - © Tous droits réservés

Après la soirée d’ouverture de la nouvelle fête bruxelloise du cinéma, place à la compétition internationale. Le réalisateur français Christophe Honoré et son acteur Pierre Deladoncamps étaient présents hier soir pour la projection de “Plaire, aimer et courir vite”. 

 

Dans les années 1990, le SIDA frappe la France et particulièrement le milieu homosexuel. Beaucoup de personnes gays meurent dans l’ombre et l’indifférence des politiques, qui ne font rien pour accélérer les recherches sur la maladie. Le but est alors de survivre quelques mois, quelques années, de tenir jusqu’à l’arrivée d’un traitement miracle qui les empêchera de se faire condamner. C’est le cas de Jacques, un écrivain parisien à la fin de la trentaine joué par Pierre Deladonchamps, qui partage sa vie entre ses aventures régulières, ses rencontres et son jeune fils, Louis. Jacques a le charme snob d’un homme de théâtre, il étale sa culture littéraire à ses amants et se voit mourir à petit feu dans leurs yeux. Alors qu’il est en déplacement professionnel à Rennes, il fait la rencontre d’un jeune étudiant breton. Arthur (magnifiquement interprété par Vincent Lacoste) a 22 ans et l’insolence de la jeunesse. Moniteur de camp pour enfants, hétérosexuel le jour, il est un chasseur d’hommes dans les parcs à la nuit tombée. Jacques est irradié par la fougue et l’irrévérence de ce jeune breton mais ne peut se permettre de tomber amoureux. Après la mort d’un ancien amant, il sait que lui non plus n’a plus beaucoup de temps. Commence alors une course contre la montre, contre l’amour. “Plaire, aimer et courir vite” est une histoire en accéléré, un succédané de romance pressée, un avant-goût de ce que cela aurait pu être. 

 

Déjà sorti en France en mai dernier, le film sera présent dans les salles obscures belges à partir du 27 juin. A travers son 12e long métrage, Christophe Honoré a souhaité peindre une époque maudite pour la communauté homosexuelle, une époque qu’il a vécue de l’intérieur. Le réalisateur est à la fois Arthur et Jacques, il est le jeune étudiant breton monté à Paris pour faire du cinéma mais aussi le fantasme de l’homme de lettres et de références. Des références et du parisianisme, c’est d’ailleurs ce que l’on pourrait reprocher à “Plaire, aimer et courir vite”, qui outre la belle histoire d’amour nous offre aussi un hommage presque trop appuyé à un cinéma de “chambre de bonne” (comme le nomme Honoré) où les personnages monologuent comme au théâtre après avoir fait l’amour dans un parc. Si l’émotion est bien présente, que l’on s’attache malgré tout aux personnages, on retiendra cette impression de trop peu, de microcosme hors du réel. Peut-être manque t-il à l’esthétique du film une once de la violence de l’époque qui permettrait une remise en contexte. 

 

 

“Plaire, aimer et courir vite” de Christophe Honoré est en compétition internationale au BRIFF 2018.