BRIFF : "Hope", l'amour entre la vie et la mort

BRIFF : "Hope", l'amour entre la vie et la mort
BRIFF : "Hope", l'amour entre la vie et la mort - © Tous droits réservés

Dans "Hope", présenté en compétition officielle au BRIFF, la cinéaste norvégienne Maria Sødahl trouve l'émotion dans la retenue.

Il y a une certaine authenticité qui se dégage du deuxième long-métrage de Maria Sødahl, le sobre et émouvant "Hope". Si le film renvoie une telle impression, c'est sans doute parce qu'il porte en lui une grande part autobiographique. Il est en effet inspiré d'une histoire vraie, celle de sa réalisatrice qui, il y a 7 ans, alors que son couple battait de l'aile, a appris qu'elle souffrait d'un cancer en phase terminale. Évoquant sans tabou le couple et la maladie à travers cette expérience, elle livre un film d'une sincérité désarmante.

C'est pendant les fêtes de Noël et de fin d'année que prend place le long-métrage — un cadre qui rend le récit à la fois réconfortant et tragique. Lorsque survient le terrible diagnostic, toute la maisonnée d'Anja (l'alter ego de la réalisatrice, incarnée avec nuance par Andrea Bræin Hovig) est en effet réunie : son compagnon, son père, ses 3 enfants, mais aussi ses 3 beaux-enfants, bref toute une tribu avec laquelle elle passe peut-être son dernier Noël. À cette situation compliquée s'ajoute une autre : ses rapports avec son conjoint (Stellan Skarsgård, comme toujours impeccable) sont instables et distants.

Désireux de ne pas laisser leur couple dans cet état, ils tentent un rapprochement, entre reproches, élans d'affection et incertitudes. Que faire d'une relation qui va mal dans de telles circonstances ? Quelle place donner à ses proches lorsque les jours sont comptés ? Rien n'est simple, comme en témoigne une scène particulièrement saisissante dans laquelle Anja, qui a toujours vu ses beaux-fils et sa belle fille comme ses propres enfants, reconnaît que compte tenu de sa maladie, ils ne sont sa priorité.

Avec une histoire aussi mouvementée que la sienne, il aurait été facile pour Maria Sødahl de réaliser une œuvre très sentimentale, similaire à ces mauvais films de Noël qui envahissent les télévisions à la fin de l'année. Mais, fidèle à son vécu, elle évite les effets de manches et livre un long-métrage à la mise en scène soignée et rigoureuse, intime sans être voyeur. Il ne lui en faut pas plus pour nous glisser dans les vies de ses personnages et nous faire partager leurs espoirs et désespoirs. Un très beau moment de cinéma tout en retenue.

 

Le film est projeté à 21h ce mardi 8 septembre au cinéma Palace. Il sortira dans les salles belges le 14 octobre.