"Bon Voyage" : les rudes sentiers de la migration

Le court métrage de Fabio Friedli est un film plein de cynisme sur le difficile périple des migrants pour rejoindre l’Europe et ce qui les attend à leur arrivée.

 

Depuis 2011, les déplacements de populations ont considérablement augmenté, à cause de conflits de plus en plus ardus au Moyen-Orient, en Asie, en Afrique. La guerre civile en Syrie, les talibans en Afghanistan et les camps de travaux en Érythrée obligent un nombre considérable de personnes à fuir un pays où leur situation ne peut s’améliorer, où ils sont en danger direct. En 2016, plus de 1,2 million de demandes d’asile ont été déposées dans des pays européens selon Eurostat, égalant presque le chiffre de l’année précédente qui était un record. 

 

Les migrants fuient des situations désespérées à contre-coeur et doivent s’armer de courage pour tenter leur chance ailleurs. Ils choisissent souvent l’Europe pour des soucis de facilité, c’est souvent le moins loin et là où ils pourront peut-être plus facilement être accueillis. Le voyage vers les pays européens se fait souvent dans des conditions épouvantables et dangereuses, avec des gens qui profitent de leur situation et qui entassent les migrants comme des marchandises. Une fois cette pénible étape franchie (si ils ne meurent pas en chemin) il faut encore se justifier auprès de l’Etat dans lequel ils atterrissent, et faire face à des injonctions administratives parfois absurdes et un accueil parfois violent. Ce sont ces situations surréalistes que Fabio Friedli a décidé de mettre en image, à l’aide de personnages en bâtons naïfs et enfantins qu’il fait voyager sur les routes de la migration. Un court métrage simple et efficace, politique et dénonciateur au titre cynique et décalé.

 

 

“Bon Voyage” est présenté dans les Staff Picks Premieres.