BIFFF debrief : "Replace"

BIFFF debrief : "Replace"
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Replace passait hier soir au BIFFF en avant-première mondiale. Le scénario de cette production germano-canadienne a été remanié cinq fois et a mis autant d'année à se réaliser, pour un résultat assez incompréhensible. 

 

Kira Mabon, jeune femme à la peau de pêche, vient de rencontrer un homme charmant au détour d'une soirée. A la fin de cette douce nuit, il lui propose de la ramener chez lui, ce qu'elle accepte. Arrivés dans son appartement, le lieu est plongé dans la semi-obscurité. Quand Kira se réveille, son prétendant n'est plus là et l'appartement devient franchement étrange, elle se sent à fleur de peau : le fantôme d'une petite fille rôde, les factures épinglées au tableau sont à son nom et la voisine française qui vient sonner à sa porte lui fait comprendre que c'est bien elle qui vit ici. Elle a l'impression d'être dans la peau de quelqu'un d'autre. Pour couronner le tout, Kira commence à peler du doigt en mode super glu. Quand elle commence à s'arracher les croûtes, c'est là que tout s'accélère. Elle consulte une médecin très réputée en chirurgie qui lui parle de ses pertes de mémoire, celle-ci ne semble pas voir de solution immédiate à ses problèmes de peau, alors que la plaque à l'apparence de plâtre commence à se répandre sur son bras. La jeune femme se rend compte par la suite que la seule chose qui la soulage est de placer de la peau vivante sur sa chair à vif. On ne sait pas trop comment elle a pu penser à ça mais du coup, elle se met à tuer et dépouiller des femmes dans des bars et des boîtes de nuit, sans jamais être inquiétée.

Coquille vide & peaux mortes

 

L'affiche et l'esthétique de Replace promettaient une ambiance à la Neon Demon, dans les tons flash rose et bleu, aux contrastes marqués. Du côté de l'histoire aussi, cela s'en approchait puisqu'il s'agissait de la recherche d'éternité, comment vieillir et survivre au mieux dans un monde basé sur les apparences. Mais non, rien de subtil dans ce film qui fleure presque l'amateurisme, avec ses cuts très courts, ses plans répétitifs, ses absurdités (la même actrice est utilisée avec une perruque pour jouer la fille !) et son histoire d'amour franchement forcée. Ici aussi il s'agit de trouver un remède aux peaux mortes et à la dégénérescence mais les dialogues et les scènes bancales gâchent totalement l'histoire. Le traitement du film est clairement loupé et c'est bien dommage puisque l'idée de base de Norbert Keil n'était pas mauvaise, peut-être ne fallait-il pas le réécrire autant de fois. Le scénario devenu trop lisse a sûrement perdu de ses aspérités qui auraient fait l'intérêt de Replace. L'histoire a été réduite en peau de chagrin.

 

Le film est quand même sélectionné dans la compétition Méliès, à vous de vous faire votre idée.