BIFFF debrief : "Host", l'horreur sur votre écran

BIFFF debrief : “Host”, l'horreur sur votre écran
BIFFF debrief : “Host”, l'horreur sur votre écran - © Tous droits réservés

Réalisé au début de la pandémie, l'excellent (et assez court) film d'horreur “Host” se dévoile en ligne avec le BIFFF.

Aussi heureux sommes-nous de retrouver le BIFFF deux ans après sa dernière édition, il faut tout de même reconnaître que le festival n'est pas exactement le même lorsqu'il a lieu en ligne. Voir un film de genre complètement barge n'a pas la même saveur dans son salon que dans une salle de cinéma survoltée. Il est fort probable que la plupart de films y perdent un peu au change. Enfin, presque tous. L'exception, c'est “Host”, un film d'horreur qui a sans doute plus sa place sur un écran d'ordinateur que dans une salle de cinéma. C'est son lieu de visionnage idéal puisque c'est le lieu où il prend place : l'intégralité du moyen-métrage se déroule sur le logiciel de vidéo-conférence Zoom, au cours d'une séance de spiritisme entre amies confinées qui tourne mal. Gageons qu'aucun des films de la programmation du BIFFF ne peut se vanter d'être aussi actuel.

Suivant la route tracée par des films comme “Unfriended” ou “Searching”, le moyen-métrage de Rob Savage utilise à fort bon escient son gimmick, transformant les possibilités et les limites du virtuel en une foisonnante source de frayeurs. À vrai dire, sa contrainte est sans doute son meilleur atout : pour peu qu'on regarde le film sur un ordinateur, “Host” est remarquablement immersif. En regardant ses premières minutes, les spectatrices et les spectateurs y trouveront des échanges sans doute assez familiers : des conversations de vidéo-conférence comme cette dernière année en a été remplie. La sensation qui se dégage de ces scènes est d'être plus qu'un simple observateur, mais un participant du Zoom qui serait incapable de se faire remarquer. Dès lors que le film laisse place aux actions cruelles de son esprit vengeur, cette position devient source d'épouvante et d'effroi : impuissant, on regarde nos interlocutrices devenir les victimes d'actes fantastiques et horrifiques d'une redoutable violence. L'effet est aussi troublant qu'efficace.

Cette efficacité est d'autant plus remarquable que le film est très clairement le produit de circonstances compliquées : réalisé avec un budget limité et dans le respect des mesures sanitaires, le film a principalement été tourné à distance par son réalisateur. «Host» se permet d'ailleurs quelques références à la pandémie, plutôt humoristiques. Inutile cependant de chercher dans le film un sens profond, un propos pertinent sur la crise actuelle ou un avertissement sur les dangers du virtuel : son objectif est de susciter la peur, purement et simplement et c'est une tâche qu'il accomplit avec brio, sur votre écran.

 

“Host” est à découvrir du 6 au 18 avril sur la plateforme du BIFFF. Il sortira ensuite en VOD le 20 mars.