BIFFF debrief : "Ederlezi Rising", une fable insipide et machiste

Le long métrage du réalisateur serbe Lazar Bodroza est en lice pour la compétition Méliès qui récompense les meilleurs films de science fiction. En première internationale au BIFFF, Ederlezi Rising joue sur la trinité : mission spatiale, fin du monde et sexe.

 

Le premier film serbe de science fiction se situe un siècle en aval. L’être humain doit absolument trouver une autre planète à habiter puisque les ressources terriennes sont quasiment épuisées. C’est la firme Ederlezi” qui prend les choses en main et décide d’envoyer un astronaute en mission pour quelques mois, de la réussite de ce voyage dépend la survie de l’espèce humaine. C’est Milutin qui est choisi pour rejoindre l’Alpha du Centaure, une exoplanète sur laquelle repose tous les espoirs. Pour que le bellâtre ne se sente pas seul, la corporation lui offre une compagne de voyage modelée selon ses désirs. L’androïde Nimani, jouée par l’actrice porno Stoya, a été conçue pour répondre aux attentes de l'homme. L’astronaute au départ réticent vis-à-vis du robot ne va bientôt pas hésiter à utiliser ses fonctionnalités, surtout charnelles. Nimani va devenir son esclave sexuelle et sa confidente, elle se construit en fonction de ses interactions avec Milutin. Très vite, l’homme en a marre de son jouet et aimerait que le robot ait des émotions et ressente réellement du désir pour lui. Tel un dieu à la chevelure d’argent, Milutin délivre l’androïde de son logiciel pour qu’elle puisse s’émanciper et éprouver des sentiments mais ce n’est pas sans risque. 

 

A l’image d’un autre film SF de l’édition 2017 - Orbiter 9 - Ederlezi Rising apparaît aussi fade qu’un paquet de frites sans sauce et laisse un goût aussi amer qu’un chicon hors saison. Le scénario simpliste est intersidéralement ennuyeux, la romance impossible entre un robot et un astronaute est totalement surfaite et pour couronner le tout, le film souffre de bien ennuyeux stéréotypes sexistes. L’androïde aliénée par un logiciel (société patriarcale ?) est faite pour satisfaire les désirs de cet homme en mission qui la contrôle avec une télécommande (femme-objet), il la force à avoir des rapports impunément et dispose d’elle comme bon lui semble (culture du viol). Après avoir abusé d’elle, ce pauvre mâle aimerait que Nimani puisse éprouver des sentiments pour lui et le désirer comme lui la désire, encore une fois c’est lui qui décide. La tentative de reboot de l’androïde et sa vague émancipation finale n’y changeront rien puisqu’elle reste au final sous son joug. Malgré un bel enrobage technique et esthétique, Ederlezi Rising est un film cliché et assommant à éviter, tout sauf moderne quand à sa représentation de la femme.