BIFFF : Daniel Radcliffe perdu dans la "Jungle"

BIFFF : Daniel Radcliffe perdu dans la "Jungle"
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Après avoir interprété le cadavre multifonction de "Swiss Army Man", projeté l'année dernière au BIFFF, Daniel Radcliffe est de retour au festival bruxellois pour une nouvelle aventure à travers la nature sauvage : "Jungle", du réalisateur australien Greg McLean.

Basé sur des faits réels, ce survival nous fait suivre les pas d'un jeune israélien de 22 ans, Yossi (Daniel Radcliffe), doté d'une soif d'aventure pratiquement intarissable. Parcourant l'Amérique du Sud avec un sac à dos, il atterrit en Bolivie où il se lie bientôt d'amitié avec quelques jeunes hommes tous aussi désireux de prouver leur bravoure. Lorsqu'un explorateur charismatique (mais un peu louche) leur propose de s’enfoncer dans des recoins inexplorés de la jungle amazonienne afin d’y trouver de l’or, la promesse d’un voyage dangereux mais excitant est trop alléchante pour être refusée. Sous peu, ces jeunes têtes brûlées s’embarquent dans un périple qui met leurs capacités physiques et leur amitié à rude épreuve… et bien plus encore.

Comme l'en attestaient déjà ses précédentes réalisations ("Wolf Creek" et "The Belko Experiment"), Greg McLean possède un talent certain pour les images chocs. Pieds déchiquetés, incisions dans le crâne, marécages menaçants, fourmis rouges et autres insectes agressifs : les images peu ragoûtantes (et les sons stridents) se multiplient au fur et à mesure que les personnages s’enfoncent dans l’enfer vert. Pas de doute, on est au BIFFF.

Comme d’habitude, les blagues et les commentaires peu fins n’ont pas manqué de fuser pendant la séance (Harry Potter fut bien sûr au centre des quolibets). Mais comme par miracle, quelques scènes éprouvantes ont réussi à faire taire les membres les plus bavards du public, preuve de l’efficacité du film en termes d’horreur.

A l’inverse, les flashbacks sur le passé du protagoniste et les plongées dans sa psyché se sont révélées moins convaincantes. Alternant entre souvenirs et hallucinations, ces séquences frappent peut-être par leur audace visuelle, mais constituent des interruptions malvenues dans le film, des ruptures discordantes avec le ton rigoureux et diablement efficace généralement maintenu. Elles révèlent aussi sa faiblesse majeure : aussi investi soit-on dans le sort de Yossi, et dans l’excellente performance de Daniel Radcliffe, sa personnalité et son passé présentent moins d’intérêt que sa survie.

Mais peu importe : "Jungle" parvient à travers une trame classique de film de survie à saisir le spectateur pendant ses deux heures. Une expérience immersive qui mérite le détour.