Avec "Parents d'élèves", le cinéma ouvre ses bras à Vincent Dedienne

Avec "Parents d'élèves", le cinéma français ouvre ses bras à Vincent Dedienne
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Avec "Parents d'élèves", le cinéma français ouvre ses bras à Vincent Dedienne - © Tous droits réservés

Théâtre, radio, télé, one-man-show… Avec son sourire espiègle, Vincent Dedienne trace sa route depuis dix ans. A l’affiche mercredi de Parents d’élèves, il a trouvé un terrain de jeu qu’il "adore de plus en plus": le cinéma.

Cheveux frisés, barbe de trois jours, ce touche à tout de 33 ans, qui a débuté au théâtre à la fin des années 2000 et s’est fait connaître avec son seul en scène ou ses chroniques sur France Inter et chez Yann Barthès, tient enfin un premier rôle sur grand écran, où il n’avait fait jusqu’ici que des incursions.

Au début, j’y allais un peu en touriste, en me demandant si ça allait me plaire. Et en fait, plus je tourne, plus je confirme mon goût et plus j’ai envie de tourner

L’acteur était déjà apparu en 2018 dans Premières Vacances, une autre comédie grand public. Mais les premiers rôles étaient tenus par d’autres humoristes en vogue, Camille Cottin et Jonathan Cohen. Deux ans plus tard, il vit son moment cinéma : en quelques mois, il est à l’affiche de quatre films sortis ou annoncés.

"Je commence seulement, ce n’est pas comme si j’avais fait trente films", ironise celui qui reconnaît tout de même avoir eu la chance de travailler avec "la plus grande actrice française", Catherine Deneuve.

C’était dans Terrible Jungle, une comédie potache qui a essuyé les plâtres de la réouverture des cinémas cet été : il y interprétait le fils de la légende du cinéma français, un anthropologue candide et maladroit porté disparu dans une contrée hostile.

Ici, il joue à nouveau un grand ado attardé dans la comédie romantique Parents d’élèves, de Noémie Saglio, la créatrice de Connasse, la caméra cachée avec Camille Cottin.

"Vraiment gentil"

Il y campe Vincent, baby-sitter trentenaire et sans enfant, qui se lie d’amitié avec le garçon qu’il garde. Totalement étranger aux mœurs propres aux parents d’élèves, il ira pourtant jusqu’à se faire passer pour son père. Le tout pour les beaux yeux de l’institutrice, Camélia Jordana, sa cadette de cinq ans – elle aussi de plus en plus présente sur grand écran.

Ce "rôle de sortie d’adolescence" avait quelque chose d’évident pour ce trentenaire, installé à Paris depuis huit ans, qui n’a pas d’enfants et "pas du tout la fibre paternelle".

"Je commence à recevoir des scénarios où j’ai 40-45 ans et deux enfants… Ça me fout le seum !", s’amuse ce fils de profs. Adopté tout petit, il a grandi dans un village de Saône-et-Loire et est tombé amoureux à l’école de la littérature puis du théâtre.

"C’est mon berceau, ce qui m’a fait naître au monde et à moi-même", assure celui qui prépare un nouveau seul en scène pour 2021, et rêve toujours de jouer des textes de Jean-Luc Lagarce, Racine ou Tchékov…

L’humour bienveillant et jamais cynique de Parents d’élèves colle au style de Vincent Dedienne, qui se décrit comme "vraiment gentil". "Des fois j’essaie de l’être un peu moins ! Car je me méfie de la complaisance qui virerait à la cul-culterie et au gnangnan", complète le trentenaire, qui se rassure : "l’ironie et le sarcasme viennent avec le temps".

Car Dedienne, "zouave" à la télé ou sur les plateaux de one-man-show, espère que le grand écran lui permettra de varier les genres.

"Je n’ai pas de chapelle : du moment qu’il y a de l’exigence, qu’il y a un auteur derrière, ça m’intéresse", poursuit celui qui admire aussi bien des acteurs nés comme lui autour des années 1990, d’Anaïs Demoustier à Vincent Lacoste, que "des gens plus âgés" comme Nathalie Baye ou Nicole Garcia. "Je m’en fiche de savoir si c’est pointu, intello ou populaire".

Illustration dans les prochaines semaines : il apparaîtra dans un drame, aux côtés d’Emmanuelle Béart (L’étreinte, de Ludovic Bergery) et une comédie dramatique avec Catherine Frot (La fine fleur de Pierre Pinaud).