Avec le "Domaine des dieux", Astérix et Obélix prennent encore du relief

Astérix et Obélix peuvent-ils encore nous surprendre après 35 albums et déjà douze films, dont huit dessins animés? La réponse semble être "oui, par Toutatis" avec ce "Domaine des dieux" dont l'esthétique résolument contemporaine de jeu vidéo n'empêche pas de préserver l'esprit et l'humour d'un des meilleurs albums des aventures du Gaulois, paru en 1971.

Après une série de films où ils ont été incarnés par des acteurs en chair et en os, l'irréductible guerrier au casque ailé et son imposant (ne dites surtout pas "gros") camarade tailleur de menhirs reviennent sous forme d'images de synthèse en 3D sous la houlette de deux "fans": Louis Clichy, un animateur passé par Pixar où il a notamment travaillé sur "Là-haut", "Ratatouille" ou "Wall-E", et Alexandre Astier, créateur de la série humoristo-médiévale "Kaamelott".

Dans cet album, traversé de considérations écologiques et sociales encore très actuelles, Jules César a décidé de changer de tactique pour combattre le fameux "village qui résiste encore et toujours à l'envahisseur". Puisqu'il ne peut l'écraser avec ses armées, il va tenter de l'intégrer de force au monde romain en faisant construire aux portes du village un domaine résidentiel luxueux où vont s'installer des Romains. Mais cela nécessite de raser la forêt.

'Je vous ai compris'

Alexandre Astier a convaincu les producteurs d'adapter cette histoire car "à mon sens, (elle) se prêtait très bien au cinéma", explique-t-il dans le dossier de presse, avec "un vrai méchant (en l'occurrence César) dont la stratégie est totalement machiavélique".

L'adaptation est plutôt fidèle à la BD. Mais les auteurs apportent une vraie plus-value en insufflant de nouvelles pointes d'humour (avec des répliques qui feront parfois plus mouche chez les parents que chez les enfants comme le "Je vous ai compris" déclamé par le chef Abraracourcix) et en développant certains aspects, comme les relations entre le village et les nouveaux résidents.

Visuellement, la 3D réussit plutôt bien au gros nez d'Astérix et à la silhouette "enveloppée" de son camarade et donne une vraie vie à la forêt, "presque un personnage à part entière", selon Astier.

Albert Uderzo, qui suit de très près tous les projets liés à son personnage fétiche, a accordé sa bénédiction. Le dessinateur, lui-même réalisateur du dessin animé "Astérix et Cléopatre" en 1968 avec Goscinny, s'est permis quelques conseils mais se dit convaincu par le résultat.

A l'occasion de ce film, les éditions Albert-René ont sorti une version spéciale de la bande dessinée, comprenant notamment des notes manuscrites de René Goscinny. La série Astérix est la BD la plus vendue au monde (355 millions d'albums) et la plus traduite (111 langues et dialectes). Le dernier album en date, "Astérix chez les Pictes" (2013), était le premier signé par de nouveaux auteurs.

 

AFP Relax News