Avec Iñarritu à la tête du jury, le Festival de Cannes rend hommage au cinéma mexicain

Le cinéaste aux cinq oscars Alejandro Gonzalez Iñarritu, qui a réalisé des films comme "Birdman", "Babel" ou "The Revenant", présidera en mai le jury du 72e Festival de Cannes.
Le cinéaste aux cinq oscars Alejandro Gonzalez Iñarritu, qui a réalisé des films comme "Birdman", "Babel" ou "The Revenant", présidera en mai le jury du 72e Festival de Cannes. - © AFP PHOTO/RONALDO SCHEMIDT

Le cinéaste aux cinq oscars Alejandro Gonzalez Iñarritu, qui a réalisé des films comme "Birdman", "Babel" ou "The Revenant", présidera en mai le jury du 72e Festival de Cannes, un hommage au cinéma mexicain, soulignent les organisateurs.

"C'est la première fois que le jury du Festival de Cannes sera présidé par un artiste mexicain", relèvent mercredi dans un communiqué Pierre Lescure, président de la manifestation cannoise, et Thierry Frémaux, Délégué général.

"Cannes est le lieu de tous les cinémas, et à travers la présence de l'auteur de 'Babel', c'est tout le cinéma mexicain que le Festival célébrera", ont-ils salué, précisant que c'était "très rare" que le cinéaste accepte de participer à un jury.

Alejandro Gonzalez Iñarritu, 55 ans, succèdera à Cate Blanchett, dont le jury avait décerné l'an dernier la Palme d'or à "Une affaire de famille" du Japonais Hirokazu Kore-Eda. Une transition d'autant plus fluide que l'actrice australienne était à l'affiche de "Babel", film choral d'Iñarritu qui avait reçu le Prix de la mise en scène à Cannes en 2006.

Le cinéaste s'est également vu décerner à Cannes le grand prix de la semaine de la critique en 2000, pour son premier long-métrage "Amours chiennes". "Dès le début de ma carrière, le Festival de Cannes a été important pour moi. Je suis honoré et ravi d'y revenir cette année, et immensément fier de présider le jury. Le cinéma coule dans les veines de la planète et ce Festival en est le cœur", a réagi le cinéaste, cité dans un communiqué.

"Avec le jury, nous aurons le privilège d'être les premiers spectateurs des nouveaux films de nos collègues cinéastes venus du monde entier. C'est un véritable plaisir et une grande responsabilité, que nous assumerons avec passion et dévouement", poursuit-il.

Réalité virtuelle

A la tête d'une filmographie plutôt courte (six long-métrages) mais remarquée, Alejandro Inarritu a été nommé sept fois aux Oscars, pour chacun de ses films. Il a reçu quatre statuettes, dont celle du meilleur réalisateur pour "Birdman" en 2015, une comédie existentielle explorant l’ego d'un acteur, ainsi que pour "The Revenant" en 2016, histoire d'un trappeur que rien n'arrête pour survivre, incarné par Leonardo DiCaprio.

Après des débuts au Mexique comme présentateur vedette d'une radio musicale, il s'est dirigé vers la création de publicités et de courts-métrages pour la télévision mexicaine, puis a rencontré le scénariste Guillermo Arriaga, avec qui il a réalisé "Amores Perros" (Amours chiennes) qui relate trois histoires croisées dans la capitale mexicaine.

D'"Amores Perros" à "21 grammes", son premier film américain avec Sean Penn, en passant par "Babel", où l'on suit quatre histoires sur trois continents, ou "Biutiful" réflexion autour de la paternité avec Javier Bardem, Iñarritu dépeint des univers sombres où les destins se croisent.

Plus récemment, en 2017, il a conçu une installation en réalité virtuelle "Carne y Arena", la première œuvre en réalité virtuelle à figurer dans la sélection officielle à Cannes et qui lui a par ailleurs valu son cinquième Oscar (un Oscar spécial).

"En plus d'être un cinéaste audacieux et un auteur toujours surprenant, Alejandro est aussi un homme de convictions, un artiste de son temps. Nous avons toujours été heureux de l'accueillir sur la Croisette et, en 2017, particulièrement fiers de présenter en Sélection officielle 'Carne y Arena', son installation de réalité virtuelle qui évoquait la question des migrants avec beaucoup de force et d'humanité", ont ainsi salué les organisateurs du festival.

Le parcours de ce Mexicain entré dans la légende hollywoodienne évoque en outre celui de son compatriote Alfonso Cuaron, qui vient d'être sacré pour la deuxième fois meilleur réalisateur aux Oscars pour son film "Roma", un film Netflix qui n'était pas en mesure de pouvoir figurer dans la sélection cannoise l'an dernier, car il n'a pas été distribué en salles en France.