"Au coeur des ombres" : palpitant clair-obscur

"Au coeur des ombres" : palpitant clair-obscur
"Au coeur des ombres" : palpitant clair-obscur - © Tous droits réservés

Le court métrage franco-portugais peint un monde en noir et blanc où les coeurs se cachent et se dérobent.

 

Monica Santos et Alice Guimaraes ont choisi de situer leur film dans un univers entre le film policier des années 50, le fantastique et le surréalisme symbolique de Magritte, Breton et Dali. “Au coeur des ombres” apparaît comme un film multidimensionnel rayonnant et habile, se jouant des spectateurs. Une jeune employée prénommée Natália travaille dans une banque où sont stockés les coeurs des clients qui le souhaitent. Ainsi, ils se protègent des émotions amoureuses et de la souffrance liée à la romance. Alors que la jeune femme se rend à son travail, une ombre la suit et lui laisse une carte de visite, comme un rendez-vous. Esseulée et ennuyée, Natália part à la rencontre de cet homme, chapeauté et costumé, au charme suranné. Il lui explique que son coeur est enfermé à la banque et qu’il doit le récupérer avec son aide. L’employée décide de porter secours à ce bel inconnu sans coeur.

 

Le film irréel réalisé en stop motion est une prouesse technique, hommage à un certain cinéma américain des années 40/50. Evoquant les séries d’enquêtes policières mais aussi le surréalisme pictural dans les symboles, “Au coeur des ombres” est le parfait mariage des deux univers. A la fois poétique et ludique, le film de 13 minutes est un petit bijou cinématographique à voir sur Arte.