Ana Girardot, une "chance folle" et une seule envie: tourner toute sa vie

Ana Girardot
Ana Girardot - © FRED DUFOUR - AFP

Remarquée dès son premier film en 2010, Ana Girardot, à l'affiche du délicat "Un beau monde" en attendant d'être aux côtés de Guillaume Canet et Pierre Niney, est consciente d'avoir "une chance folle" et n'a qu'une seule envie: "tourner toute ma vie", dit-elle.

A 26 ans, la fille des comédiens Hippolyte Girardot et Isabel Otero se taille un prénom alors qu'au départ, explique-t-elle à l'AFP, elle voulait être journaliste et n'avait "pas du tout envie de faire comme (ses) parents".

C'était même "la dernière chose que je voulais faire", raconte cette jeune fille au visage d'ange, aussi naturelle et souriante qu'Alice, le personnage qu'elle campe dans le film de Julie Lopes Curval, est "timide et introvertie".

Un rôle qu'elle a choisi car elle "avait envie de travailler sur l'intériorité". Un rôle également qui lui rappelle ce qu'elle était "au début de (son) adolescence". "J'étais quelqu'un d'assez timide même si au fond j'avais envie de faire rire, d'être extravertie."

"Un beau monde" met en scène Alice et Antoine, deux jeunes issus de milieux sociaux très opposés. Au-delà des barrières sociales et culturelles, c'est aussi un film sur la construction de deux êtres qui "n'assument pas l'endroit d'où ils viennent", relève Ana Girardot.

"Les deux pensent que l'autre vient du beau monde, comme Antoine, qui n'assume pas le milieu bourgeois où il a grandi. Pour lui, celui d'Alice est plus vrai."

La comédienne, vue encore dans "Cloclo", "Amitiés sincères" ou la série "Les revenants" sur Canal+, enchaîne les tournages, avec Guillaume Canet pour "La prochaine fois je viserai le coeur" de Cédric Anger et dernièrement avec Pierre Niney pour "Un homme idéal", de Yann Gozlan, deux polars/thrillers.

Cette fois, elle revient de Metz, où elle vient d'achever le tournage d'un court métrage, une comédie: "J'ai toujours voulu faire le clown et qu'on me fasse confiance là-dessus me touche beaucoup!", dit-elle. Même s'il s'agit d'un court-métrage? "Il faut bien commencer quelque part!", répond-elle.

"Des univers intérieurs très forts"

De ses deux années d'études de théâtre à New York juste après le bac, elle revient gonflée à bloc, sûre que tout se déroulerait comme elle l'avait imaginé et listé: "avoir un agent, passer un casting, etc".

Effectivement, le premier casting a été le bon. "Simon Werner a disparu", de Fabrice Gobert, s'est même retrouvé au Festival de Cannes 2010 dans la section Un certain regard: "Un coup de pot!", résume-t-elle.

Depuis, elle choisit ses rôles ("c'est une chance folle") tout en essayant de "garder une ligne directrice": des films avec des atmosphères et des rôles "qui n'appartiennent pas au quotidien", qui ont "des univers intérieurs très forts".

Habituée par ses parents à voir beaucoup de films depuis son enfance, Ana Girardot raconte "qu'aujourd'hui encore", elle respecte ce principe. "J'essaie de regarder un film par jour."

Ses oeuvres préférées vont de l'âge d'or hollywoodien, comme "Les Ensorcelés" de Vincente Minelli, à "La Grande Bellezza" de Paolo Sorrentino, Oscar du meilleur film étranger 2014.

Elle adorerait tourner pour Woody Allen et Jacques Audiard ("Un prophète", "De rouille et d'os") et elle paierait pour être au générique d'un film de Wes Anderson ("The Grand Budapest Hotel"). "C'est le seul à qui j'ai écrit une lettre! C'est ce que je rêve de jouer parce qu'il y a dans ses films des personnages qui n'existent pas ailleurs", dit-elle avec enthousiasme.

Ana Girardot n'a pas de plan précis pour sa carrière si ce n'est, confie-t-elle, "pouvoir tourner toute ma vie, m'inscrire dans la durée". Y compris à l'international. Après "Paradise lost" de l'Italien Andrea di Stefano aux côtés de Benicio del Toro, elle va tourner en octobre dans le nouveau film du Japonais Kohei Oguri, entre Paris et Tokyo.

 

AFP Relax News