Alexandre Astier, artisan lyonnais du cinéma, dirige Adjani dans son 1er film

Ce Lyonnais de 38 ans s'offre de surcroît, à défaut d'Alain Delon, Isabelle Adjani en "vedette" pour l'autre rôle-titre de Mme Hansen.

Delon avait renoncé, à quinze jours du début du tournage, sous prétexte qu'il ne voulait pas que "je réalise et joue en même temps", explique l'auteur-réalisateur et acteur de la célèbre série télévisée Kaamelott.

Ce refus de dernière minute avait retardé de plusieurs années la réalisation et entraîné la réécriture du scénario. Pour Alexandre Astier, Delon redoutait non pas la concurrence de l'acteur, mais sa volonté de monter le film : "il a eu peur que je me favorise" au montage, pense-t-il.

Ancré à Lyon, où il a installé sa famille et a tenu à présenter son oeuvre en avant-première avant la sortie en salle mercredi 29 août, Alexandre Astier ne l'a quitté que brièvement pour l'American School of Modern Music à Paris. En parallèle, il a suivi ses premiers cours de théâtre et s'est mis peu à peu à l'écriture.

Une affaire de famille

Après avoir composé des musiques de courts-métrages, il se lance dans la réalisation de Dies irae, qui remporte le Prix du public 2003 du Festival Off-Courts.

Ce petit film est l'ancêtre de la série Kaamelott, qui l'a fait connaître du grand public. Il est l'homme à tout faire de près de 500 épisodes décalés et drôles, mettant en scène la légende des chevaliers de la Table Ronde, diffusés sur M6 dès janvier 2005.

"Je préfère fabriquer, pas faire fabriquer. Le cinéma est un tout, ce ne sont pas des métiers différents mais des activités complémentaires", confie-t-il à l'AFP tout en se prêtant à une séance photo sur les bords du Rhône.

Dans Kaamelott, en partie tourné dans la région lyonnaise, il s'offre le rôle du Roi Arthur. Et en profite pour faire jouer sa famille, son père Lionel Astier, son demi-frère Simon Astier, sa mère, Joëlle Sevilla, sa belle-mère Josée Drevon. Ses quatre enfants feront même des apparitions dans les derniers épisodes et leur mère, Anne-Gaëlle Daval, est la costumière en chef de cette recherche du Graal.

Il décroche son premier rôle au cinéma en 2006, aux côtés de Michèle Laroque dans Comme t'y es belle !. En 2009, il tourne avec Sophie Marceau dans la comédie Lol.

Dans son film, il est David, un ergothérapeute exerçant depuis peu dans une riche clinique suisse où on lui confie une patiente, Mme Hansen-Bergmann, qu'il doit accompagner pour une course en ville.

Entre la Suisse et la France du lac du Bourget, David va évoluer, poussé par la provocation et l'insolence de cette patiente, dont on va percevoir l'évolution de l'état psychique à sa capacité à dévoiler ses yeux, masqués par des lunettes noires. Jusqu'à comprendre le secret de son hospitalisation.

"Le vrai défi pour un acteur c'est de jouer avec des tanches, jouer avec Adjani ce n'est que simplicité", se félicite celui qui, en garçon bien élevé, a toujours vouvoyé la star. Et ne tarit pas d'éloges sur le "talent" de sa "vedette", lors de ce "tournage à la british".

 

AFP Relax News