"50 nuances de Grey", une bluette version cuir pas très grisante...

"50 nuances de Grey", une bluette version cuir pas très grisante...
"50 nuances de Grey", une bluette version cuir pas très grisante... - © ©Universal Pictures International France

"Vous êtes un sadique ? Non, je suis un dominant." Nuance... Attendue par des millions de fans dans le monde, l'adaptation du best-seller érotico-sentimental "50 nuances de Grey", dans les salles belges le 11 février, se révèle gentiment torride, loin du parfum de scandale que promettait une campagne marketing savamment orchestrée.

Mais comment ne pas succomber à Christian Grey, le héros de la saga signée E.L. James ? Non content d'être pilote d'hélicoptère, de planeur, virtuose du piano, il est aussi séduisant que milliardaire, à la tête d'un empire qui porte son nom, à seulement 27 ans...

Étudiante naïve et désargentée, toujours vierge à 22 ans, Anastasia Steel (Dakota Johnson) tombe, comme il se doit, sous le charme du businessman (Jamie Dornan) au premier regard.

Ainsi commence "50 nuances de Grey", fidèle au roman éponyme, plébiscité par des millions de lecteurs - et surtout de lectrices : un coup de foudre entre un bellâtre et une oie blanche.

Sauf que M. Grey va rapidement montrer qu'il dispose de "talents" moins conventionnels que son seul sens des affaires...

Anastasia va ainsi découvrir une mystérieuse "chambre rouge" dans l'appartement du golden boy, truffée de menottes de cuir, cravaches et autres tables de "supplices", qu'il utilise pour s'adonner à des séances sadomasochistes.

Il lui propose de devenir sa "soumise". Quelques séances de fouet plus tard, pimentées de caresse à la plume de paon et de glaçon sur le corps, l'ingénue finira par accepter.

"Au fond, ce n'est qu'une simple histoire d'amour, celle d'une jeune femme inexpérimentée qui est plus forte qu'elle ne le soupçonne et qui rencontre un homme au passé douloureux, un conte sur le pouvoir de guérison que possède l'amour inconditionnel", résume E. L. James, qui a vendu ce best seller, traduit en 50 langues, à 100 millions d'exemplaires.

"Les scènes de sexe ont fait la une des journaux mais c'est l'histoire d'amour qui a touché les lecteurs", souligne cette quinquagénaire anglaise qui a d'abord publié cette "fanfiction" sur internet.

Business et polémiques

Pour Sam Taylor-Johnson, la réalisatrice britannique du film qui sort partout dans le monde d'ici à la Saint-Valentin samedi, l'arrangement autour duquel tournent les deux protagonistes est basé sur le consentement.

"Il s'agit de s'entendre sur ce qui sera fait, ou non, ce que lui désire, ce qu'elle refuse. Christian comprend tout de suite qu'Anastasia ne sera pas docile, qu'elle le défiera", explique-t-elle.

D'ailleurs, le prince charmant va rapidement s’avérer beaucoup moins dominateur, et beaucoup plus fleur bleue, que ne le laissaient présager les bandes-annonces distillées au fil des mois par les studios Universal dans le cadre d'une campagne promotionnelle digne des plus grands blockbusters hollywoodiens.

Amoureux transi, il couvre sa conquête de cadeaux, lui offrant voiture ou dîners aux chandelles plus souvent que des séances dans la chambre rouge.

Quant à Anastasia, en dehors de quelques scènes "hot", elle tente de sortir son amant torturé de la souffrance mentale dans laquelle il a été plongé à l'adolescence par une mystérieuse initiatrice.

Cinéaste et plasticienne, Sam Taylor-Johnson ajoute au scénario une touche esthétique à travers les décors et une lumière soignée. Le tout agrémenté d'une bande-son signée notamment Beyoncé, avec une version lancinante de "Crazy in love".

En dépit de quelques passages crus, le film est loin des références en matière d'érotisme que sont "L'Empire des sens", "Neuf semaines et demie", "Lune de Fiel" ou, plus subversif encore, "Le Dernier Tango à Paris". Il n'est d'ailleurs interdit en France qu'aux moins de 12 ans.

Même s'il a dopé les ventes de sextoys, "50 Nuances de Grey" est plutôt à classer dans la catégorie bluette version cuir où sadomasochisme rime avec romantisme.

Il a néanmoins suscité depuis son tournage une vague de polémiques, notamment aux Etats-Unis ou en Asie. Jugé pornographique en Malaisie, il y a même été interdit.

A l'inverse, d'autres y voient l'occasion de faire des affaires : comme cette chaîne de bricolage britannique qui a préparé ses employés à une hausse des ventes de cordes, liens et autres rubans adhésifs...

 

AFP Relax News