"The Last Male on Earth" : de l'importance du rhinocéros

“The Last Male on Earth” : de l'importance du rhinocéros
“The Last Male on Earth” : de l'importance du rhinocéros - © Dalton Distribution

C'est au Kenya que nous emmène "The Last Male on Earth" le documentaire de la cinéaste belge Floor van der Meulen, dans une réserve où vit Sudan, le dernier rhinocéros blanc du Nord mâle. Ou plutôt vivait, puisque comme nous le fait rapidement comprendre le décompte fatal qui rythme le film, Sudan n'est plus de ce monde. Victime du braconnage, son espèce est désormais au bord de l'extinction, ne comptant plus parmi ses rangs que deux femelles.

Il est facile de saisir en quoi la disparition d'un animal aussi imposant est dramatique, et son évocation importante. Il y a là matière à un message très actuel sur les méfaits de l'humain sur la nature, et ses vains efforts pour se rattraper. Malheureusement le film ne parvient pas à s'extirper de l'anecdotique. Composé en grande partie de témoignages, le long-métrage interroge toute une série de personnes liées à l'animal, de son gardien jusqu'aux touristes de passage, un procédé qui devient très vite lassant tant les propos exprimés se répètent, alors que le documentaire ne dure que 1h15. 

Le film ne manque pourtant pas d'ambition, comme le suggère le dispositif cinématographique : un cadrage très soigné et une manière de capturer le réel qui ressemble presque à de la mise en scène. Mais le documentaire ne va pas jusqu'au bout de ses idées, hésitant entre sentimentalisme, cynisme, sobriété et ironie. L'importance du sujet traité par "The Last Male on Earth" ne fait pas de doute, mais son approche n'est pas aussi convaincante.