"Sans frapper" : ce qui ne tue pas

“Sans frapper” : ce qui ne tue pas
“Sans frapper” : ce qui ne tue pas - © Centre Vidéo de Bruxelles

La difficile histoire que nous raconte "Sans frapper", le documentaire de Alexe Poukine, est celle d’Ada. En un mot comme en cent, Ada s’est fait violer à plusieurs reprises par un ami proche alors qu’elle avait 19 ans, un traumatisme dont elle se sent responsable, et qui fait encore partie d’elle plusieurs décennies après. Sur cette expérience, elle a mis des mots, qui accompagnent le film du début à la fin.

Pourtant, on ne verra jamais Ada à l’écran à un seul instant. Pour raconter son histoire, ce sont une dizaine de comédiennes et de comédiens qui se succèdent face à la caméra, donnant voix au récit de ce viol comme si c’était le leur. Ils se mettent à place d’Ada, amenant chacun leurs émotions et leur jeu, mais aussi et surtout, leur vécu.

Car l’histoire d’Ada réveille des sentiments chez chacun d’eux. Entre deux "reconstitutions", ils tentent de comprendre le pourquoi. Pourquoi cette jeune fille est-elle revenue vers son agresseur ? Pourquoi sommes-nous plus préoccupés par l’attitude irrationnelle de la victime que de celle de l’homme qui l’a violé ? Son histoire en amène d’autres : certaines comédiennes et certains comédiens parlent de leurs propres expériences avec le viol, que ce soit en tant que victime ou en tant qu’agresseur. Le procédé est osé, mais il fait la force de ce documentaire qui invite chacun à réfléchir à son rapport avec la sexualité et le consentement.

 

"Sans frapper" est à découvrir à Flagey à partir du 11 septembre.