FIFF : une édition inhabituelle, sous la présidence de Samuel Benchetrit

Le FIFF aura bien lieu, sous la présidence de Samuel Benchetrit
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Le FIFF aura bien lieu, sous la présidence de Samuel Benchetrit - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Le réalisateur, scénariste, écrivain et dramaturge français Samuel Benchetrit, sera le président du jury officiel de la 35e édition du Festival international du film francophone (FIFF), qui aura lieu du 2 au 9 octobre à Namur, a annoncé lundi l’organisation.

Il supervisera la notation des treize longs métrages retenus pour la compétition officielle. Le jury pour la partie courts métrages sera, lui, présidé par la réalisatrice et scénariste belge Fien Troch.

En raison de la crise sanitaire, le festival ne proposera que deux compétitions cette année. La programmation pour le volet longs métrages "fait la part belle à l’émotion et la réflexion". Pour ce qui est des courts métrages, la volonté de l’organisation est "d’inviter à la découverte" et de "révéler la vitalité du format court". Par ailleurs, l’accent sera mis sur les talents belges.

Pour désigner les meilleurs longs métrages, Samuel Benchetrit sera épaulé par Anne Delseth, Daphne Patakia, Guillaume Senez et Yoann Zimmer. La sélection de treize films comprend cinq productions et coproductions belges, parmi lesquelles on trouve "Une vie démente" d’Ann Sirot et de Raphaël Balboni, "Petit samedi" de Paloma Sermon-Daï ou encore "Slalom" de Charlène Favier.

Présidé par Fien Troch, le jury courts métrages sera composé par Damien Jalet, Léo Lefèvre, Lous and the Yakuza et Jean-Benoît Ugeux. Douze des 21 films retenus ont été produits ou coproduits par des Belges.

Le rendez-vous phare du cinéma francophone en Belgique débutera le 2 octobre avec la diffusion en première mondiale de "Une vie démente" d’Ann Sirot et Raphaël Balboni, qui avait bénéficié d’une aide du ministère de la Culture pour pouvoir être filmé. Cette comédie raconte le désarroi d’un jeune homme confronté à la démence contractée par sa mère sexagénaire, qui passe du statut de maman à celui de gamine ingérable.

L’honneur de la clôture reviendra lui à "Un triomphe" du Français Emmanuel Courcol. Kad Merad y incarne un acteur en galère qui accepte d’animer un atelier théâtre en prison. Surpris par les talents de comédien des détenus, il se met en tête de monter avec eux une pièce sur la scène d’un vrai théâtre.

Un FIFF réduit

Alors qu’il proposait une bonne centaine de films et documentaires l’an dernier, le FIFF se contentera cette année d’en diffuser un peu plus de 80. Une diminution qui s’explique notamment par la réduction du nombre de salles, dans le contexte de la crise sanitaire. En effet, seules trois salles seront dédiées au festival : une au Delta et deux au Cameo, "par solidarité avec les cinémas, qui ont terriblement besoin de garder leur programmation continue". En outre, les distances sociales liées aux mesures fédérales devront être respectées par les spectateurs, ce qui réduira l’audience.

Comme à l’accoutumée, des exclusivités seront proposées hors compétition. Cette année, il s’agira de "L’Enfant rêvé" de Raphaël Jaculot, de "L’Origine du monde" de Laurent Laffite, de "Petit Vampire" de Joann Sfar (la bande-annonce ci-dessous) ou encore du documentaire belge "Chance" d’Effi Weiss et Amir Borenstein.

Pour la programmation du jeudi 8 octobre, carte blanche a été donnée aux organisateurs du Festival international du film fantastique de Bruxelles, annulé cette année en raison du Covid-19. Ceux-ci ont décidé de diffuser "Yummy" de Lars Damoiseaux, qui entre dans la sélection des six films "Cap sur la Flandre" et sera précédé du court métrage "Julia" de Vincent Smitz.

Toutes les bandes-annonces des films participants sont disponibles sur le site du FIFF.

Relancer Namur

En 2020, le FIFF n’aura pas son traditionnel chapiteau destiné aux rencontres et aux échanges sur la place d’Armes. En revanche, d’autres activités sont prévues.

Le festival souhaite associer à la relance du cinéma les secteurs namurois qui ont souffert : commerçants, Horeca et lieux culturels. Ses organisateurs ont donc décidé d’organiser un FIFF Off, "qui fera revivre l’ensemble de la ville pour une relance commune, à la fois culturelle et économique, humaine et artistique."

Concrètement, la place d’Armes sera transformée en "jardin solidaire", où chacun pourra venir planter une fleur fabriquée à partir de matériaux recyclés. Parallèlement, une projection plein air exclusive est prévue chaque jour à 17h30. Au menu : mashups, florilège de clips belges et une sélection de films issus du Kikk, le festival namurois des cultures numériques et créatives.

Le FIFF off se déploiera aussi dans de nombreux lieux de la capitale wallonne. Le 4 octobre, la plage de "The Flow" (Jambes) accueillera une projection de "Home", le film de l’écologiste français Yann Arthus-Bertrand. La section animation/illustration de la Haute Ecole Albert Jacquard sera aussi présente au Trakk le 7 octobre pour présenter 20 films courts réalisés entre 2014 et 2020. L’ensemble du programme est à découvrir sur www.fiff.be.

"Avec le confinement, c’est toute l’industrie cinématographique mondiale qui s’est retrouvée à l’arrêt", a encore expliqué l’organisation. "Les tournages ont été interrompus, les festivals annulés, les cinémas fermés, les sorties repoussées, certains films diffusés directement en VOD sans passer par la case salles de cinéma. Le FIFF est dès lors heureux d’avoir lieu et de participer à la relance du cinéma dans un format réinventé et solidaire."

 

La Bande-annonce de "Adieu les cons", la nouvelle comédie d’Albert Dupontel, en compétition au FIFF.