Documentariste : un métier à défendre !

Étude sur les conditions de travail des autrices et des auteurs de documentaire
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Étude sur les conditions de travail des autrices et des auteurs de documentaire - © SCAM

Pendant un an, la SCAM a mené une enquête sur les conditions de travail des documentaristes. A l’issue de cette étude, des problèmes alarmants ont été soulevés, mais de nombreuses solutions y sont proposées.

La SCAM est une société sans but lucratif de gestion des droits d’auteur qui rassemble plus de 2.000 membres en Belgique. C’est dans un mouvement de soutien qu’elle a piloté cette enquête pour tenter de répondre à la problématique qui intitule le dossier : "Documentariste, un métier de nanti ?", un titre alarmant, mais légitime…

Un état des lieux

Le premier objectif consistait à dresser un état des lieux de ce que représente le métier de documentariste aujourd’hui. Pour cela, une investigation a été menée sur un large panel de professionnels afin de mieux connaître leur situation, les écueils auxquels ils se confrontent, ainsi que leurs besoins. "Avec cette étude, nous espérions découvrir de nouvelles informations, tracer le paysage de ce que nombre d’entre nous vivent et pratiquent", explique Paola Stévenne, présidente du Comité belge de la SCAM. Grâce à ces prises de parole multiples, le dossier soulève une série de revendications. Le bilan, lourd, montre clairement que des efforts sont encore à fournir.

Des conditions peu propices à la créativité

Le problème actuel, majeur, des documentaristes en Belgique francophone réside dans leurs conditions de travail, peu propice à la créativité. Ceci commence par leurs rémunérations, nettement inférieures au seuil de pauvreté : en moyenne, un réalisateur touche moins de 300€ ! Comment évoluer dans une situation si précaire ?

Ce n’est pas tout : si l’on se penche sur les stades de création on se rend rapidement compte que seule la partie haute de l’iceberg est financée par les subventions (lorsqu’elles sont reçues). L’écriture, les repérages et la promotion des films — des étapes cruciales à la réalisation — ne sont que très rarement considérés.

Et si le documentaire parvient à être réalisé malgré tous ces obstacles, reste une difficulté de taille : la diffusion. "Le jeu de la diffusion du film documentaire est dur. Si le film n’est pas remarqué à un festival, il existe peu de possibilités de diffusion" constate avec dépit le réalisateur Nicolás Rincón Gille, dans un entretien qui figure dans l’étude.

Tous ces éléments convergent vers un problème général : le statut des documentaristes est largement sous-valorisé, sur un plan financier, matériel, mais également d’un point de vue artistique.

Quelles solutions ?

Pour dépasser la simple observation, la SCAM s’est employée à trouver des perspectives pour valoriser cette profession. Ainsi, la principale solution pour rétablir un statut digne de ce nom résiderait dans la favorisation d’une diffusion large des productions documentaires. "Je pense qu’il faut que les documentaires soient davantage diffusés dans les salles, dans les écoles, là où les gens ont envie d’ouvrir leurs visions du monde. Le documentaire parle d’ici et maintenant", rapporte la réalisatrice Marie Vella.

À ce sujet, Paola Stévenne est certaine que les services publics "pourront être fiers de dire qu’ils ont défendu plus qu’un métier, qu’ils ont défendu des voix qui nous ouvrent aux différences, nous poussent à réfléchir, à construire un regard critique. Nous en avons besoin". Elle salue néanmoins les récentes initiatives qui ont déjà été mises en place, telles que Cinéma en Atelier, un cycle qui célébrait les quarante ans de créations cinématographiques en fédération Wallonie-Bruxelles ; ou encore les efforts de certains services publics, tels que la RTBF, qui propose une large ouverture vers les horizons du documentaire Belge.

 

Une étude à retrouver ici.

 

 

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