"Ceux qui restent" : le grand vide

Ceux qui restent de Charlotte Grégoire et Anne Schiltz
Ceux qui restent de Charlotte Grégoire et Anne Schiltz - © Tous droits réservés

Lorsque les réalisatrices belges Charlotte Grégoire et Anne Schiltz reviennent dans le petit village roumain où elles avaient tourné STAM”, leur premier documentaire ensemble, c'est la surprise. En une dizaine d'années, Mălâncrav a changé, victime du départ forcé de nombre de ses habitants, partis à l'Ouest pour y trouver du travail. Touchées par cette précarité, elles entreprennent de filmer Ceux qui restent”, un documentaire consacré aux personnes qui continuent de vivre dans ce village peu à peu déserté, luttant chaque jour pour maintenir leur dignité.

Elles nous font notamment suivre le quotidien de Alina, mère de deux enfants, qui poursuit dans une solitude poignante les travaux peu lucratifs de sa ferme, alors que son mari travaille plusieurs mois en Allemagne. Rythmé par les quatre saisons et par le départ de plusieurs de ses protagonistes, Ceux qui restent” fait écho aux incertitudes et au désespoir qui gagne ce village où le désir de partir vers des pâturages plus verts se fait sentir.

Le film s'attarde également sur ceux qui restent attachés à leurs racines, comme Andréï, un adolescent qui veut devenir berger. Représentant d'une jeunesse optimiste, il en est aussi une figure tragique, puisqu'il ne peut que constater le vide inquiétant qui se crée autour de lui, et ne semble pas s'estomper.

 

Ceux qui restent” sera projeté le 13 juin au Plaza Art à Mons, le 14 au Palace à Bruxelles, le 16 au Quai10 à Charleroi, le 17 au Caméo à Namur et le 20 aux Grignoux à Liège.