Bilan 2018 du Centre du Cinéma et de l'Audiovisuel : Le cinéma belge se porte-t-il bien ?

"Mon ket" de François Damiens a attiré plus de 140 mille spectateurs.
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"Mon ket" de François Damiens a attiré plus de 140 mille spectateurs. - © Tous droits réservés

La réponse est globalement : oui.

Avec le bon résultat de la saison 2 de la "Trêve", et le succès des films comme "Mon Ket" de  de François Damiens, avec 144 000 entrées en Belgique ou le documentaire "Ni juge ni soumise" de Jean Libon et Yves Hinant avec 76 000 entrées, le public belge a clairement été réconcilié avec son cinéma et particulièrement, dans le genre documentaire.

Qui dit bilan, dit chiffres

Cette année 2018 a été riche en production de longs métrages. La Commission de Sélection des Films a attribué un total de 9,86 millions d’euros à 130 projets. 526 dossiers ont été déposés et examinés. Une hausse puisqu’en 2017, 484 projets de développement étaient déposés. 

Un Top 5 des entrées en Belgique révèle un constat surprenant. Les films à la belgitude assurée attirent davantage les Belges. Dans ce classement,  "Mon ket" trône en haut du podium avec précisément 143.815 entrées. "Ni juge, ni soumise" suit le film de François Damiens avec un total de 75.604 entrées. "Je n’aime plus la mer" (15.342) d’Idriss Gabel, "Nos batailles" (14.195) de Guillaume Senez et "Une part d’ombre" (9.000) de Samuel Tilman concluent ce classement.

Autre point positif à ajouter : l’augmentation de projets menés par les femmes et déposés en commission de sélection (+8% par rapport au Bilan 2015). Le CCA informe dans un communiqué que "le créneau long métrage présente la plus grande disparité genrée, à l’avantage des femmes : 36 % des projets déposés par des réalisatrices ont reçu une aide, contre 24 % des projets de réalisateurs".

Les aides ont été apportées à 13 longs métrages de fiction en écriture, 8 en développement et 22 en production. Le soutien financier ne s’arrête pas là. 24 courts métrages de fiction, 6 films expérimentaux, 53 documentaires et 4 longs métrages de production "légère" recevront une aide de la Fédération Wallonie Bruxelles. Les séries belges n'ont pas été oubliées. 2 552 862 ont été investis par la RTBF et la Fédération Wallonie-Bruxelles. 

Des appels à projets qui se multiplient

Le Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel est en constante évolution et cherche des projets originaux à financer. En 2018, plusieurs appels à projet en collaboration avec la RTBF ont été lancés.  

C’est ainsi qu’a vu le jour le projet Créanimation et le projet de podcasts "Salade Tout" et "Doulange". 

D’autres verront le jour comme une série de story instagram. L’appel n’est pas clôturé, n’hésitez pas à envoyer vos dossiers à l’adresse webcreation@rtbf.be. 

Plusieurs chiffres concernant le Tax Shelter, les différentes opérations d’aides à la promotion, etc. ont été abordés lors de ce Bilan. L'ensemble des chiffres sont à retrouver ici.

RTBF, Netflix et genres

Marc Jansen, responsable du Pôle fiction de la RTBF, est venu présenter les priorités de la chaîne publique en matière de cinéma, séries et webcréations. Cette année, des actions se porteront sur différents supports et contenus de la RTBF notamment Auvio, les réseaux sociaux et des projets où la diversité inclusive sera mise à l’honneur. 

Sarah Sepulchre, professeure à l’UCL et spécialiste en genres et contenus audiovisuels, a décortiqué le paysage audiovisuel belge 2018. Elle a visionné 28 productions belges diffusées en 2018. Un travail de longue haleine pour en conclure que peu de femmes dites "leaders" sont présentes à l’écran (quatre personnages féminins contre neuf personnages masculins en fiction). 

Le géant du streaming Netflix continue son ascension et compte bien profiter des talents belges. La directrice des acquisitions pour le Benelux, Lina Broneus, était présente lors de ce Bilan. Elle a lancé un appel à de nouveaux projets et précise qu’une priorité sera donnée aux films locaux, de genres divers et aux coproductions. 

Des pitchs à proposer ? Envoyez-les à cette adresse bilan@netflix.com 

Pour rappel, Netflix propose depuis le 7 septembre 2018 la coproduction franco-belge "La Femme la plus assassinée du monde".