4 documentaires à découvrir absolument au Brussels Art Film Festival

4 documentaires à découvrir absolument au Brussels Art Film Festival
4 documentaires à découvrir absolument au Brussels Art Film Festival - © Artémis Productions

Du 14 au 17 novembre, le Brussels Art Film Festival propose une sélection belge et internationale de documentaires consacrés à l'art sous ses multiples formes.

Des portraits d'artistes, des films expérimentaux, des documentaires engagés, des œuvres hors-norme ... Le BAFF (Brussels Art Film Festival) a beau avoir pour spécialisation le film sur l'art, force est de reconnaître que son programme est particulièrement éclectique. Cette année encore, des films venus d'ici et d'ailleurs sont là pour vous transporter dans des univers artistiques multiples : 13 films belges sont en compétition officielle, tandis que 10 documentaires ont été programmés dans le panorama international.

Parmi tous les films qui seront projetés pendant ces quelques jours, nous avons sélectionné 4 documentaires à ne pas rater.

Broken Art

de Nicolas Dedecker & Benoît Baudson, 52 minutes

ISELP, le samedi 16 novembre 2019 (14h30)

Cinematek, le samedi 16 novembre 2019 (18h00)

 

Après une rupture, certains se lamentent sur leur canapé. D'autres, comme Denis Meyers, réalisent des projets fous. Investissant l'ancien siège de la firme Solvay avant sa destruction, l'artiste bruxellois a passé 8 mois à recouvrir  de son art les murs du gigantesque bâtiment, accompagné dans son projet par une équipe de tournage. Le résultat est un documentaire passionnant qui nous dévoile de multiples facettes de Meyers, qu'il soit dans l'acte solitaire de création, ou dans celui, beaucoup plus social, de vendre son art. Ambivalent, "Broken Art" parvient à saisir les contradictions de cette œuvre éphémère, égocentrique et démesurée, qui ressemble autant à l'expression sincère d'un chagrin d'amour qu'à une opération marketing.

Divinations

de Sarah Vanagt, 30 minutes

ISELP le dimanche 17 novembre 2019 (14h00)

Cinematek, le dimanche 17 novembre 2019 (18h00)

 

Peut-on deviner le futur dans les empreintes de la ville  ? C'est ce qu'a tenté de faire la cinéaste Sarah Vanagt avec son film expérimental "Divinations". Dans celui-ci, des enfants de Bruxelles, Athènes et Sarajevo, munis de papier collant, déploient des bandes transparentes un peu partout dans les rues où ils ont grandi, pour ensuite les projeter. À partir de ces traces, faites de poussières et de morceaux de ville, ils livrent leur vision de l'avenir. Pessimistes, certains voient dans les années qui viennent la guerre ou le terrorisme, tandis que d'autres imaginent des futurs surnaturels, où des créatures en tout genre cohabiteraient avec l'humain. Leur imaginaire enfantin, allié aux images abstraites qui se déroulent à l'écran, donne lieu à de saisissantes visions, à la fois vertigineuses, naïves et viscérales. Un moment magique de cinéma.

Palimpsest of the Africa Museum

de Matthias De Groof avec la collaboration de Mona Mpembele, 69 minutes
Cinematek, le dimanche 17 novembre 2019 (17h30)

 

Lorsqu'en 2013, le Musée d'Afrique Centrale ferme ses portes pour une gigantesque rénovation qui va durer 5 ans, le cinéaste Matthias De Groof, en collaboration avec Mona Mpembele, est allé filmer ce processus à la fois matériel mais aussi éminemment politique. La modernisation de l'institution est en effet ancré dans une volonté de décolonisation, et nécessite ample discussion. Menés par des membres éminents de la diaspora africaine, les débats font rage, soulevant une série de passionnantes et importantes questions. Comment subvertir la fonction originale du Musée ? Comment honorer le passé sans l'exploiter ? Que faire de la figure de Léopold II, qui hante ses murs ? Pendant que l'avenir de ce qui deviendra l'AfricaMuseum est discuté, le film nous dévoile son démantèlement concret : animaux empaillés décomposés, vitrines démontées, etc. Une déconstruction, dans tous les sens du terme.

Shooting the Mafia

de Kim Longinotto, 94 minutes
Cinematek, le samedi 16 novembre 2019 (13h00)

 

Les photographies de Letizia Battaglia peuvent-elles être considérées comme de l'art ? Elle-même avoue regretter leur formalisme léché, la beauté qui s'en extrait malgré elle. Pendant des décennies, cette Italienne au caractère bien trempé a pris en photo la mafia : ses acteurs, mais surtout ses méfaits, prenant acte des morts et des victimes grâce à son appareil. C'est donc deux histoires, entrelacées, que "Shooting the Mafia" nous raconte : celle d'un pays, gangréné par la Cosa Nostra, mais aussi celle d'une femme, qui a lutté avec ses propres moyens contre ce fléau. Mêlant entretiens, images d'archives, et extraits de vieux films italiens, le documentaire nous retrace sa vie extraordinaire de manière irrévérencieuse, évoquant à la fois les actes de bravoure qui ont marqué son parcours, mais aussi ses failles et ses défaites. Un portrait sans concession.