"The Last Job On Earth" : un monde complètement automatisé

Dans ce court-métrage d'animation récompensé aux Emile Awards, le studio anglais Moth imagine la vie de la dernière personne au monde à travailler.

Les fenêtres s'ouvrent toute seule à l’aube. Une machine vous propose vos vêtements pour la journée. Une autre vous fait un bilan de santé quotidien. Un monde idéal ?

Pas vraiment. Si cette vie ultra-moderne a de plaisantes surfaces (l’animation du court-métrage frappe autant par sa simplicité que par sa beauté), ce qui se trame à l'arrière-plan l'est beaucoup moins. Une vague de migration causée par l'absence d'emploi est par explement brièvement évoquée par un titre de journal. Un peu plus tard, à travers la vitre du véhicule de l'héroïne du film, un groupe de gens peut être aperçu devant une banque de nourriture visiblement délabrée. Dans un monde qui ne nécessite plus l'humain pour fonctionner, celui-ci a-t-il encore sa place ?

Dressant le portrait d'un monde qui a perdu un peu de son âme, "The Last Job On Earth" s’impose comme un récit plutôt alarmiste. Mais c’est moins la technologie qu'il pointe du doigt que les dangereuses dérives économiques, culturelles et sociales qui pourraient accompagner l'obsolescence du travail humain. C'est là tout l'objet du court-métrage, commandé par le journal The Guardian afin de susciter une conversation sur les inévitables changements que notre société va vivre.