"Symphony no. 42" : quand la nature devient absurde

"Symphony no. 42"
"Symphony no. 42" - © Tous droits réservés

Un renard se suicide après avoir contemplé le dessin mouvant d'un atome. Un pingouin se fait entarter. Un centaure fait du badminton avec un homme à tête de cheval. Avec le court-métrage décalé "Symphony no. 42", le studio d'animation MOME nous propose une flopée de séquences dans lesquelles l'ordre naturel devient désordre.

Il y a 47 vignettes animées dans "Symphony no. 42" et chacune d'entre elles semble être en compétition avec l'autre pour la palme de l'absurdité. Laissant libre cours à son imagination farfelue, la réalisatrice hongroise Réka Bucsi bouleverse joyeusement le fonctionnement de notre monde sans la moindre inquiétude pour la réalité, et s'amuse, notamment, à interchanger les places qu'animaux et humains occupent dans la société. Parmi le bestiaire du film, on comptera entre autres sur la présence d'un chat plus énorme que sa maîtresse, ou celle d'un singe pratiquant l'art complexe du selfie.


Porté par une étrangeté inexplicable, "Symphony no. 42" fait fi de toute logique.. et souvent de tout sens. Les séquences se font tour à tour violentes, attendrissantes, cruelles, et invariablement déconcertantes. Le but de cette entreprise ? Mettre en avant les connexions irrationnelles entre humains et nature. Objectif atteint : la majorité des vignettes ont beau défier l'esprit cartésien, il est difficile d'ignorer le fascinant regard qu'elles portent sur notre société, et de ne pas être saisi par le portrait grotesque et poétique qu'elles en font.