"Josep", film d'animation en hommage au dessinateur antifranquiste Josep Bartoli, signé Aurel

Avec Josep, son premier long-métrage en lice aux César, Aurel rend hommage au dessinateur antifranquiste oublié Josep Bartoli et au dessin, art qui "nous lie tous les deux", dit-il à l’AFP.

Il y a d’abord eu le label Cannes 2020, puis le succès public et critique, et l’obtention de plusieurs prix dont un prestigieux Louis-Delluc.

Josep, réalisé par Aurel, dessinateur de presse dans Le Monde et Le Canard Enchaîné, pourrait bien rafler le César du meilleur film d’animation.

Une success-story inattendue et à laquelle l'auteur a encore du mal à croire.

Si on m’avait dit que le film connaîtrait ce destin, je n’y aurais sans doute pas cru. Je suis très touché.

Le film évoque la Retirada, l’exode, en 1939, de près d’un demi-million de Républicains espagnols fuyant le franquisme, et est avant tout un témoignage de l’amour qu’Aurel porte au dessin.

Il raconte cet épisode peu connu de l’Histoire à travers le destin de deux hommes qui vont se lier d’amitié : le dessinateur catalan Josep Bartoli (1910-1995) et Serge (personnage de fiction), un gendarme français.

La violence, la faim, le racisme, les humiliations : le film jette une lumière crue sur les camps français dans lesquels survivaient les réfugiés espagnols.

J’ai voulu m’emparer de la vie de Josep pour lui rendre hommage et le faire connaître au grand public, tout en rendant hommage au dessin parce que c’est aussi ce qui nous lie tous les deux.

Le film, qui reste une fiction, s’est nourri de plusieurs sources documentaires dont les dessins de Josep Bartoli ainsi que du témoignage de sa veuve et de son neveu.

Sur la forme, le film fait place au dessin avec des séquences volontairement peu animées.

Plus qu’un film d’animation, ce que je voulais, c’était de réaliser un film dessiné.