Robert Carlyle et Ewen Bremner, l'interview pour Trainspotting 2

Ewen Bremner et Robert Carlyle
Ewen Bremner et Robert Carlyle - © RTBF

En 1996, "Trainspotting" de Danny Boyle faisait le portrait de groupe d’une bande de jeunes écossais qui trompaient leur ennui en s’adonnant aux drogues dures : filmé dans un style nerveux, dominé par le charisme d’Ewan Mc Gregor, et rythmé par une B.O comprenant les groupes les plus en vogue de la pop anglaise, le film remporta un succès phénoménal et devint rapidement un film-culte pour toute une génération…

Vingt ans plus tard, on retrouve à l’écran le quatuor d’origine, avec les mêmes acteurs. La tentation était forte pour Danny Boyle de retravailler avec la dream team qui lui a valu son premier hit international, avec le romancier Irvine Welsh, le scénariste John Hodge... mais comment les acteurs s'y sont-ils retrouvés ?

Interview

Dans quel état d’esprit avez-vous reçu ce projet ? avez-vous été immédiatement convaincu, oh, c’est une bonne idée ! quelle était votre philosophie à propos de cette suite 20 ans après ?

Ewen Bremner : ma première impression est venue d’une carte postale de Danny, elle montrait un petit chat qui lapait une assiette de lait, et elle disait : " Hé, Ewen, nous pensons à faire un nouveau film, nous n’avons pas encore le scénario, mais si nous arrivons à mettre tout ça sur pied, d’ici un an, est-ce que tu le lirais ? nous essayons de mettre ça en place... c’était environ 3 ans avant de commencer à faire le film..

Robert Carlyle : je n’ai pas reçu du tout de carte postale..

EB : ah, désolé.. on a discuté de cette carte postale, quel rôle veux-tu jouer ? quels sont les autres acteurs que tu vois dans le film ? et tu étais dans les premiers !

RC : merci !

EB : quand c’est devenu plus concret, nous avons reçu un brouillon du scénario, déjà fort avancé, exactement un an avant le début du tournage, et on s’est retrouvés dans une pièce, et c’était la première fois qu’on se revoyait tous ensemble, depuis la première, en fait.

Le premier film est un film à propos d’un groupe d’amis, et la structure de ce film-ci est assez différente, ce sont quatre destins séparés, comment avez-vous travaillé cela ?

RC : pour moi, c’était encore plus différent que pour les autres, puisque Begbie a apparemment passé les 20 dernières années en prison quand le film commence, et donc, il n’a pas eu de vie du tout, il ne sait pas vraiment ce qui s’est passé dans le monde, et donc, pour moi, c’est un processus tout à fait différent du reste de l’équipe.

Le premier film racontait le monde selon un drogué, mais ici, quel est le thème principal du film ? la "midlife crisis" (crise de la quarantaine) ? qu’est devenu notre jeunesse ? comment voyez-vous le film ?

RC : j’aimerais bien que ce soit la crise de la quarantaine, vu que j’ai largement dépassé ce stade ! je crois que le thème prédominant, c’est l’amitié. Rappelez-nous ces amitiés qui remontent à bien longtemps, est-ce qu’elles valent encore quelque chose ?

EB : Irvine Welsh a dit quelque chose d’important à ce sujet, le premier film raconte comment l’amitié peut écraser les individus, et ils doivent s’en libérer, pour survivre... et ce film-ci nous montre plutôt comment un individu peut survivre en dehors du groupe, et dehors c’est la mort, le vide. Et donc, vous avez le retour de Ewan, qui veut retrouver le sens de sa vie, son identité. Pour moi, c’est aussi la fragilité de la masculinité : la promesse de la masculinité, vous la voyez dans le premier film, nous étions invincibles dans ce film, dans le deuxième, vous entrez dans la deuxième partie de votre vie et le temps ne s’occupe plus de vous.

L'interview intégrale en version originale