Le secret pour incarner Laurel et Hardy ? Répéter, Répéter et encore répéter ! explique John C. Reilly

Steve Coogan et John C. Reilly au micro d'Hugues Dayez
Steve Coogan et John C. Reilly au micro d'Hugues Dayez - © RTBF

On a vu récemment John C. Reilly dans l’excellent western de Jacques Audiard, "Les frères Sisters". Steve Coogan était inoubliable face à Judi Dench dans "Philomena" de Stephen Frears. L’acteur américain et le comédien anglais ne se connaissaient pas, ils sont devenus complices en recréant Laurel et Hardy vieillissant dans le merveilleux "Stan et Ollie".

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Traduction

Laurel et Hardy sont plus que des artistes. Ce sont des icones. Comment jouer de telles emblèmes ? Quel était le secret ?

John C. Reilly : Le secret était de commencer à faire ce qu’ils faisaient, c’est-à-dire répéter, répéter, répéter… et travailler ensemble et s’unir pour trouver qu’est-ce qui rend quelque chose drôle. Chanter des chansons, danser. À travers ce processus, Steve et moi nous sommes approchés de ce que ça devait être d’être eux. Parce que le film n’était pas une reconstitution d’un numéro de Stan et Ollie. On en voit quelques bribes, mais le film est une biographie émouvante à propos de ce à quoi ressemblait d’être dans leur relation, ce que ça faisait d’être cet incroyable duo qui a tenu plus longtemps que n’importe quel duo au cours de l’histoire. Donc, oui, on a commencé par faire ce qu’ils faisaient, c'est-à-dire répéter.

Steve Coogan :  C’était intimidant, et on avait tous les deux nos doutes mais finalement on les a surmontés. Aussi, je pense pour moi, savoir que John allait le faire, qu’on allait faire ça ensemble, c’était rassurant. Parce que j’avais beaucoup de respect pour John et le travail que je l’ai vu faire. Donc j’avais l’impression qu’on était dans de bonnes conditions. Mais vraiment il n’y avait pas de moyen d’éviter de travailler dur, de se retrousser les manches. Et pendant ces répétitions, on a eu l’occasion d’apprendre à se connaître et de développer un lien entre nous qui ressemble à ce qu’on fait à l’écran.

On savait qu’ils étaient très différents dans les films. Mais on découvre qu’ils étaient extrêmement différents dans la vraie vie également, avec une sensibilité différente. Était-ce une découverte pour vous aussi ?

Steve Coogan :  Un peu. Je savais que Stan était le cerveau de l’opération, mais c’était définitivement toujours une surprise de voir à quel point Stanley était rongé par le métier et le processus créatif au détriment de sa vie personnel, et probablement de son bonheur. Et que Oliver soit l’inverse de ça, il ne voulait pas être défini par son travail, il voulait juste une vie agréable. La clarté de cette différence entre eux a été une révélation pour moi.

John C. Reilly :  J’ai grandi avec ses artistes, depuis la tendre enfance. Et quand on est si jeune… Je ne comprenais même pas que les dessins animés n’étaient pas réels. Je pensais que les dessins animés étaient réels. Et de la même manière, je pensais que Stan et Ollie étaient réels. Quand je les regardais enfant, je pensais qu’ils rentraient à la maison à la fin de la journée et qu’ils faisaient à manger ensemble, qu’ils mettaient leur pyjama et qu’ils se mettaient au lit ensemble. Ils sont inséparables, dans mon imagination. Donc oui c’était choquant d’apprendre qu’en vrai c’était deux êtres humains distincts, deux personnes différentes venant de deux milieux très différents, avec deux compositions et façons de voir la vie, très différentes. C’était stupéfiant d’apprendre ça, honnêtement. Parce que la symbiose qu’ils ont créée dans leurs numéros étaient si parfaite, c’était difficile de les imaginer en tant que personnes distinctes. Mais c’était la responsabilité du film, d’explorer qui ils étaient vraiment et comment ils fonctionnaient ensemble.

Dernière chose rapidement, vous avez étudié leur art, quel était le secret de leur génie ?

John C. Reilly :  Je pense qu’il y a de nombreux secrets dans leur génie. Ils connaissaient beaucoup d’astuces de clowns qui ont été transmis après des siècles de performances. Mais je pense que leur secret ultime était le fait qu’ils s’aimaient. Qu’ils étaient capables d’accepter les différences de l’autre et de travailler en coopération.

Steve Coogan : et aussi que dans les personnages à l’écran, ils ne se sont jamais abandonnés, même s’ils étaient fâchés l’un contre l’autre et étaient frustrés l’un par l’autre, leurs personnages étaient toujours inséparables, n’étaient jamais séparés. C’est une sorte d’amour profond auquel les gens réagissaient.