L'interview de Sam Rockwell pour "Three billboards outside Ebbing, Missouri"

Sam Rockwell après la cérémoie dues Golden Globe Awards
Sam Rockwell après la cérémoie dues Golden Globe Awards - © FREDERIC J. BROWN - AFP

Sam Rockwell a reçu un Golden Globe, celui du meilleur acteur dans un second rôle, pour sa performance dans le film de Martin McDonagh. Il est nommé pour les BAFTA et les Screen Actors Guild Awards.

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Hugues Dayez : Au début de cette histoire, vous semblez être le crétin, le gars stupide dans l'histoire, est-ce que c'est amusant de jouer un personnage comme celui-là ?

Sam Rockwell : Oui, tout à fait, c'est génial, j'ai adoré, c'est un beau rôle et un grand film, c'est évident...

Les dialogues de Martin McDonagh sont particulièrement bien écrits, quand vous avez découvert le scénario, qu'est-ce que vous avez ressenti, c'est un plaisir pour un acteur d'avoir de pareilles répliques.

Tout à fait, c'est un plaisir, c'est du niveau de Tennessee Williams, ou Harold Pinter, ou Tarantino, David Mamet, c'est de la même qualité. Et vous avez très envie d'être bien préparé pour ne pas rater cette opportunité.

Et il y a ce mélange d'humour noir et de profondeur, avec des émotions vraies, comment trouve-t-on le ton juste pour jouer ça ?

Oui, tout est là, et je pense que si vous gardez un ton réel, tout va s'y retrouver. Je maintiens qu'il faut rester réel, souligner certaines choses, et ça peut devenir tragicomique. Les traits du côté tragique doivent juste être renforcées...

C'est une histoire américaine mais qui est écrite par un auteur anglais, est-ce que vous avez senti d'une certaine manière, un regard "étranger" sur la culture américaine ?

Oui, il fait un commentaire sur le racisme, et ce genre de choses, mais je pense qu'au final, c'est une histoire humaine. Je ne sais pas si Martin voulait écrire une histoire politique, mais il y a vraiment des aspects politiques dans cette histoire.

Il s'agit également d'un film d'ensemble, et sans dévoiler trop l'intrigue, quelque part, il n'y a ni bons ni mauvais dans cette histoire... et ce n'est pas l'histoire d'un crime, tout se passe derrière les apparences.

Oui, vous avez raison, c'est un très beau film. Il n'y a ni bon ni mauvais, c'est unique, c'est comme un film des frères Coen, c'est un cousin des films des frères Coen !

Est-ce que c'est important, dans le contexte actuel de la production des films, de voir la différence entre un film indépendant comme celui-ci et un film de studio ?

Est-ce que je vois la différence ?

Oui, est-ce que vous avez plus de libertés, est-ce que vous pouvez essayer des choses différentes ?

Je pense qu'on a laissé Martin McDonagh tranquille, son producteur Graham (Broadbent, ndr) le protège, et je pense que c'est important, il est protégé pour faire ce qu'il veut. Et c'est quelque chose dont on a besoin en cinéma, des réalisateurs qui sont protégés, parce que il y a souvent des gens qui mettent leurs doigts dans la pâte, qui veulent mettre leur opinion, qui veulent dire quelque chose.

Comme acteur, voulez-vous jouer tous les genres de rôles ? il y a des acteurs qui ne veulent jouer que des personnages sympathiques, d'autres ne jouent que des méchants, etc. J'ai l'impression que vous êtes prêt à expérimenter différents types de rôle...

Oui, j'essaie de faire tout ce que je peux, c'est dur, mais j'essaie… On veut toujours que vous refassiez votre dernier truc, parce que vous l'aviez bien joué, et donc ils veulent que vous le refassiez. J'aime bien de secouer un peu les choses, de temps en temps.

Dans le titre du film, les "3 billboards", les 3 panneaux, pouvons-nous voir une parabole des 3 lettres que reçoit le shérif ? il écrit 3 lettres, et elles sont le moment décisif du film. Vous avez 3 panneaux, mais aussi 3 lettres…

Ah… vous devez avoir raison, c'est intéressant, je ne sais pas, je n'y avais pas pensé !

Ah, si vous pouvons faire des découvertes ensemble, tout va bien !

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