L'interview de John C.Reilly pour Kong Skull Island

John C. Reilly
John C. Reilly - © JUSTIN TALLIS - AFP

Après trois versions de "King Kong" (1933 : Schoedsack et Cooper, 1976 : John Guillermin, 2005 : Peter Jackson), Warner remet le couvert avec une variation autour du thème connu. Ici, l’action se déroule en 1973, et des soldats américains rescapés de la Guerre du Vietnam, en mission sur l’île du Crâne, vont voir leurs hélicoptères balayés par un singe géant…

Dans le film, John C.Reilly incarne Hank Marlow, un pilote américain qui a été échoué sur Skull Island depuis la Seconde Guerre mondiale, et qui va pouvoir expliquer ce que fait ce singe géant sur l'île du Crâne..

Interview

Quand vous avez eu vent de ce projet, quelle a été votre première réaction ? "Encore un ?!" ou "Quelle bonne idée !" ?

John C.Reilly : Au début, je me suis dit : "Encore un ?!" car, bien avant de lire le scénario, je me demandais comment on allait encore pouvoir raconter cette histoire. Ensuite, j’ai vu comment Jordan avait ré-imaginé toute l’histoire et je trouvais que c’était intéressant de reprendre ces personnages que le public connaît mais aussi de revenir à l’esprit du premier film avec les autres animaux de l’île. Je trouve qu’il s’agit d’une version très moderne de l’histoire surtout la manière donc les autochtones de l’île sont traités. En effet, ces "sauvages" ne comprennent pas ce qui leur arrive mais ils sont finalement plus évolués que les envahisseurs. De plus, je trouvais cela génial que l’équipe soit menée par un homme et une femme. De plus, la relation entre les personnages de Tom et de Brie est plus réaliste ; ce ne sont pas juste deux personnes qui tombent amoureuses l’une de l’autre sans aucune raison. De plusieurs manières, l’histoire est racontée de façon à cadrer avec notre époque.

De nos jours, tout est possible grâce à l’animation en images de synthèse. Comment est-ce, pour un acteur, de devoir jouer avec des personnages qui ne sont pas présents sur le plateau ?

On pouvait voir l’animation sur des écrans de moniteur de façon à comprendre ce qu’on était censés regarder. Cependant, on ne s’attend pas à ce que ce soit si réaliste. Quand j’ai vu le projet final, j’étais stupéfait du résultat. On parvient à se lier émotionnellement à Kong. L’animation des yeux, le rendu des émotions, est exceptionnel. Il n’est pas juste une créature monstrueuse que l’on doit dompter, il est le gardien de l’île. J’étais vraiment impressionné par le résultat car, sur le plateau, on n’interagit avec personne. Il n’y a que des marqueurs en scotch pour savoir où regarder, à qui parler. J’étais pantois devant la performance de Brie particulièrement car elle doit toucher Kong, elle doit le regarder dans les yeux et elle est vraiment très convaincante. Elle a réussi à vraiment créer un lien affectif sans aucun support.

Comment expliquez-vous que Kong reste une figure emblématique dans la culture populaire ?

Je ne sais pas trop, en fait. L’être humain trouve dans le gorille, mais aussi dans les autres grands primates, un aspect auquel il peut s’identifier. On partage certaines caractéristiques avec eux, on sent qu’on a quelque chose en commun avec ces animaux. Je ne sais donc pas vraiment. Dans les mythes, on utilise ces créatures pour construire des métaphores. Je suppose que, dans notre cas, la métaphore est de savoir comment trouver un équilibre dans le monde, comment laisser le monde ainsi pour garder cet équilibre.

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