L'interview d'Alexander Skarsgård pour "The Aftermath"

Alexander Skarsgard
Alexander Skarsgard - © DANIEL LEAL-OLIVAS - AFP

Hambourg, 1946. Rachel (Keira Knightley) arrive dans la ville dévastée par les bombardements pour rejoindre son mari Lewis (Jason Clarke), officier britannique dont la mission est de réorganiser l’aide à la population. Le couple s’apprête à être logé dans une belle villa réquisitionnée pour l’occasion. Son propriétaire, Herr Lubert (Alexander Skarsgård), un architecte allemand veuf qui y vit avec sa fille adolescente, est autorisé par Lewis à occuper les combles de la grande demeure. Cette cohabitation avec l’ennemi vaincu met Rachel profondément mal à l’aise. Mais bientôt, elle découvre en Lubert un homme sensible et attentionné, alors que son mari, accaparé par sa mission en ville, brille par son absence…

Le contexte qu’explore "The Aftermath" - l’immédiat après-guerre, l’Allemagne en ruines, la difficulté de la reconstruction – est rarement exploité dans le cinéma anglo-saxon ; c’est un aspect intéressant du film, et la reconstitution d’époque est convaincante.

L'interview intégrale en V.O.

La traduction

Le film est bien sûr une histoire d’amour, mais pas seulement. Il y a tout ce contexte historique. Quel est l’aspect qui vous a le plus attiré dans ce projet ?

Alexander Skarsgård : J’étais fasciné par Stefan, mon personnage. Son passé, ce qu’il a traversé. La première fois qu’on le rencontre, l’état dans lequel il est. Les terribles souffrances, le décès de son épouse dans les bombardements, le fait qu’il n’arrive pas à communiquer avec sa fille. Elle le tient responsable de ce qu’il s’est passé. C’est un homme brisé. J’étais fasciné par lui, le script, l’histoire. J’ai trouvé que c’était unique… La deuxième Guerre Mondiale et son lendemain, il y a tellement d’histoires racontées sur cette époque, mais je n’avais jamais vu celle-ci. Je n’avais jamais vu une histoire sur Hambourg, après la guerre, de voir la souffrance de ce côté-là et de sentir l’humanité et de réaliser que ce sont aussi des êtres humains. Ils sont souvent représentés comme " Ce sont les méchants Allemands, donc ils le méritent ". C’était très rafraîchissant de lire quelque chose qui ne les décrivait pas comme des animaux.

Tourner un film d’époque est toujours un défi car vous devez être juste et crédible. Comment trouve-t-on le bon comportement de l’époque ?

Alexander Skarsgård :  Il faut faire le plus de recherches possibles, et regarder des vieux films, lire des romans, et d'autres livres. J’ai lu un livre fantastique sur Albert Speer, intitulé "His Battle With Truth", à propos du procès de Nuremberg et de ce qui s’est passé plus tard dans sa vie également. C’était très instructif et intéressant pour moi, mon personnage est aussi architecte, donc ça m’a aidé à comprendre cette époque un peu plus. J’ai toujours été fan du mouvement artistique Bauhaus et c’est l’époque dans laquelle Stefan a grandi, c’était un grand fan du mouvement Bauhaus. Donc, esthétiquement… je me sentais lié à mon personnage sur cet aspect.

Un aspect puissant du script, bien sûr il y a des dialogues, mais il y a énormément de sentiments et d’informations derrière le dialogue. Ce sont plein de sous-entendus. Comment joue-t-on cela ?

Alexander Skarsgård : Oui, c’était génial. Stefan est si courtois et il essaye de jouer à l’hôte même s’il n’a pas le choix. Mais être hospitalier et ouvrir sa maison et le faire d’une telle manière… quand il est accueilli par de la rancœur de la part de Rachel, le personnage de Keira. Parce qu’elle le déteste juste parce qu’il est allemand. C’était très intéressant de jouer ça avec Keira, la relation se crée. La façon dont il doit garder un air sérieux et jouer le rôle de l’hôte courtois, qui doit vivre dans son propre grenier. Et quand elle emménage, au milieu de tout son magnifique mobilier qu’elle n’apprécie pas. Il y a beaucoup d’animosité au début, c’était vraiment amusant de tester ça et de lentement trouver cette connexion et de voir comment la relation se construisait.

Dernièrement, une question plus personnelle. Votre nom est très célèbre dans le monde du cinéma. J’imagine qu’avoir ce nom est un honneur, mais au début de votre carrière était-ce difficile d’avoir ce nom ?

Alexander Skarsgård :  Non, pas vraiment. J’ai toujours… Quand j’ai commencé en tant qu’acteur, je n’ai jamais eu la sensation que c’était un frein pour moi personnellement et je n'ai pas senti quand je suis venu aux États-Unis, que j’étais comparé à mon père. Ça n’a jamais été un problème. A la place, les gens dans l’industrie du cinéma venaient me dire des anecdotes marrantes sur mon père une fois qu’ils réalisaient, après avoir entendu mon nom de famille, que j’étais son fils. Donc, c’était juste positif.