Keira Knightley : "J'adore l'Histoire !"

Keira Knightley en promotion du film "The Aftermath"
Keira Knightley en promotion du film "The Aftermath" - © Nicholas Hunt - AFP

On l’a vue récemment incarner la romancière Colette ; elle a été révélée par "Orgueil et préjugés" d’après Jane Austen : Keira Knightley adore les films d’époque. Dans "The Aftermath", elle incarne une Anglaise qui débarque dans le Hambourg de 1946 dévasté par la guerre… 

L'interview de Keira Knightley et Jason Clarke

L'interview intégrale en version originale

Traduction

Les dames d’abord, Keira. Bien sûr il y a une histoire d’amour dans le film, mais il y a aussi tout ce contexte historique. Quel est l’aspect qui vous a le plus attiré dans ce projet ?

Keira Knightley : Je pense qu’après avoir lu le script, je n’arrivais pas à me le sortir de la tête. En partie parce que, j’ai fait un certain nombres de films sur la seconde Guerre Mondiale et j’ai certainement regardé beaucoup de films sur la seconde Guerre Mondiale, mais je n’ai jamais vu un film, et peut-être qu’il en existe mais que je ne les ai juste jamais vus, mais je n’ai jamais vu un film qui parle directement de cette période de post-conflit. Ça m’a juste vraiment fait réfléchir à quel point ces personnes étaient extraordinaires d'avoir été capables de reconstruire, d’aller de l’avant. Ça a dû être incroyablement difficile sur le plan personnel mais aussi social et politique. Et le grand triomphe de cette génération, car ils ont créé un continent qui est en paix depuis 70 ans, ce qui est la plus longue période de paix que l’Europe n’ait jamais connue. C’était le triomphe de cette génération, après cette catastrophe totale. J’étais juste stupéfaite de ne jamais y avoir pensé avant, je n’avais jamais pensé à ce que ça a dû être, particulièrement durant cette période, et cette idée de pardon et cette idée d’aller à un endroit et de regarder quelqu’un dans les yeux que vous avez diabolisé pendant littéralement sept ans et que vous avez tué pendant les six dernières années. Soudainement devoir les voir comme des êtres humains, et gérer ça, je pense que c’est un sacré exploit.

Comment représenter à l’écran un couple qui vivait il y a 80 ans ? Les comportements sociaux sont légèrement différents. Comment comprend-on cette relation ?

Jason Clarke : Je pense que ça aide toujours d’avoir un partenaire que l’on connaît et en qui on a confiance, comme ça on ne doit en faire trop ou en discuter trop pour comprendre que vous allez y arriver ensemble. Je ne pense pas que ça soit trop compliqué. On regarde ce qui nous entoure, on s’immerge dans ce monde. Je ne pense pas que ça soit si différent. Oui, on a fait des progrès élémentaires de bien des façons, mais ce n’est pas juste l’idée de matriarche et patriarche qui a déterminé leurs façons respectives de voir et de ressentir la guerre. Ce sont aussi les circonstances. Les femmes n’étaient pas en première ligne à l’armée en train de se battre donc bien sûr qu’elles avaient une perspective différente sur la guerre et comment c’était. On les voit à la gare se rencontrer pour la première fois et essayer de comprendre le point de vue de l’autre sur le monde de ces cinq dernières années. On trébuche et on finit par trouver un moyen de s’en sortir, ce que je pense qu’ils auraient tous fait. On est tranquillement à la maison, on va à l’école avec un enfant, et l’instant d’après, on va en guerre, et l’instant encore d’après, on a eu un enfant et l’instant encore d’après, la guerre est finie, et l’instant d’après… Tout ça se suit et s’en va. Je pense que la difficulté de trouver la réponse à la question que vous posez, " comment trouve-t-on … " est inné en chacun de nous. Des êtres humains qui ont du mal à se comprendre et de communiquer.

Keira Knightley : Je pense que c’est ce que j’ai aimé dans cette histoire. En fin de compte, c’est à propos de communication, son manque ou la difficulté de communiquer pour les gens et de véritablement se comprendre l’un l’autre. Avec ses personnages, c’est cette recherche de compréhension et cette recherche de pardon. Bien que ça soit vraiment très particulier dans cette histoire et cette période, je pense qu’aujourd’hui ce sujet est toujours autant d’actualité. La plupart des couples rompent à cause d’un manque de communication ou d’une difficulté à communiquer. Je pense que, bien que cette histoire soit spécifique à cette période de l’histoire, elle a tout autant… oh je vais devoir utiliser cette horrible expression, un attrait universel.

Jason Clarke : Oui, cette universalité.

Keira Knightley :  Ou université, oui. Mais c’est vrai. Je pense que n’importe quel adulte qui a été en couple sera capable de reconnaitre quelque chose dans leur relation.

Dernière chose rapidement. C’est un film d’époque.  On vous a vu récemment dans Colette. On dirait que vous aimez les films historiques.

Keira Knightley :  Oui, vous croyez ?

Considérez-vous que ça soit le meilleur moyen de voyager dans le temps ?

Keira Knightley :  C’est le seul moyen de voyager dans le temps, en fait. Oui, c’est ma version du voyage dans le temps. Non mais sérieusement, j’adore l’histoire, j’ai toujours aimé ça. J’ai toujours été fascinée par l’idée d’essayer de … l’idée de savoir comment c’était de vivre à une époque différente. Mais en fin de compte, c’est simplement parce que les rôles les plus intéressants qui m’ont été proposés sont dans des films historiques ou d’époque. Ce n’est évidemment pas pareil pour tous les acteurs, mais pour moi, ça s’est passé comme ça.