Grande victoire de "Douleur et gloire" de Pedro Almodovar aux prix Goya

Le film "Douleur et gloire" de Pedro Almodovar a raflé sept prix Goya.
Le film "Douleur et gloire" de Pedro Almodovar a raflé sept prix Goya. - © GABRIEL BOUYS - AFP

Le film "Douleur et gloire" de Pedro Almodovar a raflé dimanche sept prix Goya, les plus hautes récompenses du cinéma espagnol, dont celles du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur scénario. "Vous nous avez rendus très heureux ce soir", a réagi, ravi, le cinéaste de 70 ans, lors du gala des prix Goya à Malaga (sud). Antonio Banderas, qui tient le rôle principal dans ce film largement autobiographique, a quant à lui reçu le prix du meilleur acteur.

"J’ai tant appris de toi", a lancé Banderas à Almodovar, qui l’a mis à l’affiche dans huit de ses films. "Tu m’as compris mieux que personne". "Douleur et gloire", inspiré de l’enfance et de la jeunesse d’Almodovar, est nommé pour l’Oscar du meilleur film international, qui sera attribué le 9 février. Antonio Banderas est quant à lui nommé pour l’Oscar du meilleur acteur pour son rôle dans ce film. "Douleur et gloire" a aussi reçu les Goyas du meilleur second rôle féminin (pour Julieta Serrano), du meilleur montage et de la meilleure musique originale.

Réconciliation entre Almodovar et l’Académie espagnole du cinéma

Cette avalanche de récompenses scelle la réconciliation entre l’Académie espagnole du cinéma, qui remet les prix Goya, et le réalisateur fétiche de la "Movida" post-franquiste, vénéré à l’étranger pour ses films corrosifs et kitsch devenus de plus en plus sérieux au fil du temps. Nommé neuf fois au Goya du meilleur réalisateur, Almodovar n’avait reçu ce prix qu’à deux autres reprises dans sa carrière : en 1999, pour "Tout sur ma mère" et en 2006, pour "Volver". S’estimant injustement traité, le réalisateur avait même rompu avec l’Académie et refusé, plusieurs années durant, d’assister au gala des Goyas.

Parmi les autres prix décernés samedi soir, Belén Cuesta a reçu le Goya de la meilleure actrice pour son rôle dans "La trinchera infinita" ("La tranchée infinie") des réalisateurs basques Jon Garaño, Aitor Arregi et José Mari Goenaga. Elle s’est imposée notamment face à Penelope Cruz, nommée pour son rôle dans le film d’Almodovar. Le Goya du meilleur film européen est revenu quant à lui au film "Les Misérables" du Français Ladj Ly.