Dans "Fourmi", François Damiens touchant en père dépassé

"Il y a quelque chose qui m'a vraiment touché et plu dans cette histoire d'un petit garçon qui va faire un mensonge pour aider son père" (Julien Rappeneau).
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"Il y a quelque chose qui m'a vraiment touché et plu dans cette histoire d'un petit garçon qui va faire un mensonge pour aider son père" (Julien Rappeneau). - © Tous droits réservés

Dans "Fourmi", comédie familiale de Julien Rappeneau, en salles dès ce mercredi, l'acteur belge François Damiens est touchant dans le rôle d'un père alcoolique et dépassé, à qui son fils tente de redonner espoir en lui faisant croire qu'il a été recruté par un club de foot.

Le jeune Théo (Maleaume Paquin, vu dans "Rémi sans famille"), surnommé "Fourmi", qui joue dans le club de foot de sa ville, est sur le point d'être recruté par le club anglais d'Arsenal. Cette perspective suscite les attentes de son père (François Damiens), quitté par sa femme (Ludivine Sagnier) et qui perd pied depuis, en sombrant dans le désespoir et l'alcool. Quand il s'avère finalement que Théo n'est pas sélectionné, il n'a pas le cœur de décevoir son père et lui ment, mettant le doigt dans un engrenage qui le mène loin et qu'il n'arrive plus à arrêter.

Adaptation d'un roman graphique espagnol ("Dream Team" de Mario Torrecillas et Artur Laperla), "Fourmi" est le deuxième film de Julien Rappeneau – fils du réalisateur Jean-Paul Rappeneau –, après "Rosalie Blum". "Il y a quelque chose qui m'a vraiment touché et plu dans cette histoire d'un petit garçon qui va faire un mensonge pour aider son père", raconte le réalisateur de 47 ans à l'AFP. "Je voulais raconter une relation père-fils", ajoute-t-il. "J'avais envie d'un film qui mêle à la fois de l'humour et de l'émotion, tout en abordant des sujets sociétaux assez profonds, mais comme les anglais savent faire dans leurs comédies sociales".

"On est tous à un moment un peu défaillant" (François Damiens)

Pour ce film, qu'il qualifie de "comédie sociale, émotionnelle et familiale", il a choisi François Damiens pour interpréter le rôle du père à la dérive qui renaît peu à peu grâce à son fils, alors qu'il cherchait un acteur "qui soit à la fois incontrôlable, qui ait une part de folie un peu en lui" et aussi "une humanité profonde".

L'acteur belge, qui a commencé en faisant des caméras cachées avant de s'affirmer comme un comédien incontournable au cinéma ("L'Arnacœur", "La famille Bélier") est à la fois touchant et drôle dans la peau de ce père borderline, mais émouvant, et qui apprend à reprendre pied.

"J'ai fait pas mal de films dans un rôle de père, sur la transmission", a indiqué François Damiens à l'AFP. "Ici, ce que j'ai trouvé touchant, c'est que c'était un père défaillant", ajoute-t-il. "Je trouvais ça beau de voir cet enfant qui devenait le père de son père". "On est tous à un moment dans notre vie un peu défaillants, même dans notre rôle de père et mère, parce qu'il n'y a pas de mode d'emploi", poursuit-il.