Brie Larson, l'interview pour "Kong"

Brie Larson à la présentation de "Kong"
Brie Larson à la présentation de "Kong" - © Jamie McCarthy - AFP

Après Jessica Lange, et Naomi Watts, c'est au tour de Brie Larson d'incarner la jeune femme dans la nouvelle version de King Kong, "Kong Skull Island" réalisée par Jordan Vogt-Roberts. Le réalisateur connaît ses classiques : la première partie de son "Kong" est un hommage direct à "Apocalypse Now", la seconde à "Jurassic Park". Car dans cette nouvelle version, pas de climax sur l’Empire State Building, toute l’intrigue se déroule sur l’île ( d’où le sous-titre du film). Le film n’invente rien, agite tous les bons vieux clichés du cinéma d’aventure, mais avec une efficacité certaine : c’est du divertissement 100% spectaculaire garanti.

Interview

Avez-vous été immédiatement convaincue par cette nouvelle version de l’histoire de Kong après les trois versions classiques ?

Brie Larson : Qu’importe le film, qu’importe le budget ou la production, ce qui me pousse à jouer dans un film, c’est le message qui se cache derrière. C’est d’ailleurs ce qui est incroyable avec un film : il peut être joué sans que je sois présente physiquement. Je veux dire, le film sera projeté dans les cinémas aux quatre coins du monde tandis que je serai tranquillement chez moi. Ce qui est donc important, c’est le message que les gens reçoivent, les questions qu’ils se poseront après la projection. Je voudrais donc arriver à ce résultat avec un film plus grand public car, dans les films indépendants, c’est le message qui prime. Je voudrais que cela soit également possible avec un film qui sort en iMax et dont les images sont splendides mais que le spectateur ressorte de sa séance en se posant des questions philosophiques importantes.

Vous apportez la touche féminine dans ce casting essentiellement masculin. Dans les autres versions, l’amour entre l’héroïne et Kong était central. Que pensez-vous de cette nouvelle approche ?

Je pense que les temps ont changé et qu’il est tout aussi intéressant de voir une autre manière d’aimer et de se battre pour quelqu’un d’autre. Je trouve que l’on doit voir à quel point les relations sont compliquées ; on doit comprendre que l’amour n’est pas la seule expérience qu’un humain peut avoir. On peut se battre pour quelqu’un juste parce que c’est une créature vivante, sans nécessairement être amoureux(se) de lui.

L’histoire se déroule en 1973, juste après la Guerre du Vietnam. Il y a donc un contexte différent car c’est un film d’aventure sur fond de guerre, ou l’inverse… Était-ce important pour vous de mélanger les genres ?

Je pense que l’histoire est portée dans un nouveau contexte inédit. Le film parle surtout de survie. Il replace l’être humain dans la chaîne alimentaire, il le sort de son confort et le place dans un environnement inconnu pour qu’il ne puisse plus compter que sur ses instincts naturels. On voit ce qui se passe quand se retrouve seul dans un milieu hostile sans ressource. Les différents personnages réagissent de manière différente quand ils se sentent petits et comme des invités sur cette île.
Vous avez reçu l’année dernière l’Oscar de la meilleure actrice pour Room. Cela a-t-il changé votre carrière ? Recevez-vous désormais des scénarios différents ?
Oui, dans un sens. J’ai pu jouer "Captain Marvel", ce qui fut un immense honneur, et je ne sais pas si cela aurait été possible sans l’Oscar… Cependant, je n’ai pas changé d’agent depuis que j’ai commencé donc, pour moi, c’est toujours la même chose.
 

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