Avec Jean-Pierre Marielle disparaît l'une des plus célèbres voix du cinéma français

Jean-Pierre Marielle en 2011
2 images
Jean-Pierre Marielle en 2011 - © THOMAS SAMSON - AFP

Sa voix chaude et caverneuse était une des plus célèbres du cinéma français : Jean-Pierre Marielle est décédé hier à l’âge de 87 ans. Sa carrière s’étale sur plus d’un demi-siècle, au cinéma comme au théâtre. Sa silhouette altière, sa moustache, son regard malicieux restent dans toutes les mémoires.

Sans aucun doute et pour des milliers de spectateurs, son personnage le plus célèbre, c’est celui de Monsieur Henri, représentant de commerce, vendeur de parapluie qui se rêve artiste-peintre dans "Les galettes de Pont-Aven", un film truculent, paillard de Joel Seria, qui date de 1975, et qui serait impossible à tourner dans notre époque du "politiquement correct". Mais Marielle n’avait peur d’aucune extravagance, d’aucune audace dans ses rôles. Parce qu’il était un vrai acteur de composition, et qu’il a créé d’ailleurs les pièces de beaucoup d’auteurs modernes au théâtre.

Quand on résume la carrière d’un acteur, on dit souvent : "Il a tourné avec les plus grands".. Ce qui n’est pas le cas de Jean-Pierre Marielle, en fait.

Quand il sort du Conservatoire à la fin des années 50, il est snobé par les réalisateurs de la Nouvelle Vague, comme d’ailleurs son ami Jean Rochefort. Pendant longtemps, il est cantonné dans des seconds rôles dans des comédies sans envergure. Heureusement, il y a des Philippe de Broca avec "Le Diable par la queue" ou des Bertrand Blier avec "Calmos"… C’est en vieillissant que Marielle décroche des premiers rôles dans des films ambitieux comme "Tous les matins du monde" en 1991, le film d’Alain Corneau où il joue un Mr de Sainte Colombe, joueur de viole de gambe. Le film décroche 7 Césars, mais il n’y en a pas pour Marielle… Pas grave, ce gentleman détestait les prix et disait : "Je ne suis pas un acteur de tombola ni un cheval de course ". Du Marielle pur jus ! 

Le Grand N'importe Quoi

En 2010, il publie chez Calmann Levy, un recueil de souvenirs, sous forme d'abécédaire : "Le Grand N'importe Quoi". Il l'écrit avec son beau-fils, Baptiste Piégay, et raconte lettre après lettre, les étapes de sa carrière, les rencontres et les amitiés.