Undertaker : 1. Le Mangeur d'Or

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undertaker - © dargaud

Un western pur et dur, à la Sergio Leone : de l’excellent boulot, à tous les niveaux ! Et des personnages déjà attachants !

Le petit macaron qui se trouve en couverture de cet album est quelque peu disproportionné dans son propos, c’est évident ! Undertaker n’est certes pas, en effet, le plus grand western depuis Blueberry ! Ce serait nier et renier des génies du neuvième art comme Hermann ou Boucq que de l’affirmer ! Mais c’est du très bon western, sans aucun doute, et qui mérite le détour ! Avec, aux commandes, un duo qui, c’est une certitude, connaît parfaitement son sujet !

Jonas Crow, le personnage central de ce premier opus d’une série qui s’annonce passionnante, est un croque-mort ambulant… Il sillonne les routes de l’Ouest au rythme des demandes qui lui sont faites. En guise de compagnon, il possède un vautour. Et il est appelé dans une petite ville minière, pour s’occuper d’un certain Joe Cusco. Un être bien vivant, mais qui a décidé de se suicider, et qui organise ses funérailles avec soin.

Les thèmes récurrents du western sont omniprésents dans cet album. Il y a la poussière, la saleté, les armes, le riche qui veut emporter son or jusque dans la tombe, une femme aux courbes plus qu’avenantes, des traîtres, des vrais méchants et de faux gentils.

Il y a des secrets, aussi, ceux qui s’enfouissent aux passés des protagonistes centraux de cette histoire.

Au scénario, Xavier Dorison s’en donne à cœur joie. Il joue avec délice de tous les codes propres au genre " western ", en y ajoutant de ci de là une vraie dérision. Son imagination débordante fait merveille dans ce récit mouvementé dont le héros – l’anti-héros – est de ces personnages qui occupent l’espace sans problème, qui se dessinent, tout de suite, comme totalement vivants !

Et le dessin de Ralph Meyer est à la hauteur du texte de Dorison. On connaît depuis longtemps le talent de ce dessinateur, sa précision totale dans les univers réalistes qu’il aborde, son sens du mouvement et son plaisir à multiplier les perspectives pour construire des planches qui se lisent autant grâce au graphisme qu’au travers des phylactères. Le monde du western lui convient, c’est certain. Ce qui est certain aussi, c’est qu’il a, en effet, beaucoup lu, et beaucoup aimé, le Blueberry de Giraud ! Mais son dessin n’est pas du copier-coller : c’est bien plus un hommage vibrant au talent de celui qui reste un des plus grands dessinateurs réalistes de l’histoire du neuvième art.

Jijé, Giraud, Hermann, Boucq… Et aujourd’hui, dans cette lignée, Meyer : le mythe de l’ouest américain, ses trognes, ses démesures, est loin d’être mort, et c’est tant mieux. Parce que ce genre précis de la narration est toujours, quand il est utilisé par des gens de talent, une porte ouverte à une multiplication de sensations, de sentiments, d’aventures, de possibilités.

Undertaker est un excellent livre qui, refermé, ne provoque qu’une envie : vite découvrir la suite de ce récit haut en couleurs !

 

 

Jacques Schraûwen

Undertaker : 1. Le Mangeur d’Or (dessin : Ralph Meyer – scénario : Xavier Dorison – éditeur : Dargaud)