Festival Esperanzah!: Rencontre avec La Yegros, sensation venue d'Argentine!

Festival Esperanzah!: Rencontre avec La Yegros, sensation venue d'Argentine!
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Festival Esperanzah!: Rencontre avec La Yegros, sensation venue d'Argentine! - © Pedro Quintans

La Cumbia de Colombie, le Chamamé d'Argentine et les nappes éléctro du Buenos Aires d'aujourd'hui; voilà les ingrédients de la recette magique signée La Yegros sur son album « Viene de mi » qu'elle présentera au festival Esperanzah ! ce samedi 3 août.

 

La musique comme art naturel! Depuis sa participation dans le collectif Zizek et sa rencontre avec King Coya, Mariana Yegros s'imprègne de ses racines musicales argentines et les confronte à une étonnante modernité. Rencontre avec une femme à la voix haut perchée, dont le sourire ferait fondre le plus gros des icebergs!

 

Quelle histoire se cache derrière la confection de cet album ?

 

La Yegros: En 2008, j'ai commencé à travailler avec King Coya, qui deviendra mon mari pendant 15 ans. On a joué un peu partout ensemble et donc on a commencé à réfléchir à la création d'un album. Imaginer et réaliser cet album a pris 4 ans. On voulait que le son soit cohérent d'une chanson à l'autre, créer une unité à l'intérieure de laquelle chaque chanson aurait une vie indépendante. Cela a pris beaucoup de temps avant d'y arriver mais je suis très heureuse du résultat. Maintenant, je serai très attentive aux retours du public !

 

Faire de la musique votre métier, était-ce une évidence pour vous ?

 

La Yegros: Mon papa écoutait tout le temps de la musique Chamamé. Il trimballait sa petite radio partout. On peut dire qu'il vivait à travers cette musique traditionnelle du nord de l'Argentine. Quand on grandit à coté d'un homme comme lui, la musique entre naturellement dans votre monde et il m'a paru tout à fait évident de commencer à chanter.

 

J'ai toujours chanté, devant mon miroir, avec des amis, etc. Et puis vers 16 ans, je suis allée au conservatoire pour apprendre le chant lyrique. Cela m'a véritablement ouvert les yeux sur la multitude de manières d'utiliser ma voix. Ce fut une révélation et j'ai donc voulu aller plus loin en prenant différents cours de chants, africains et indiens par exemple, pour apprendre de nouvelles façons de chanter.

 

Votre mélange des univers anciens et modernes pourrait être vu comme un sacrilège...

 

La Yegros : Je comprends et respecte ceux qui disent que ma musique n'est pas assez pure ou traditionnelle. Je m'inspire de ces racines mais je pense que chacun doit pouvoir s'exprimer comme il l'entend. Je ne cherche pas à choquer en transformant la musique traditionnelle. Je lui donne la couleur moderne qui correspond à mon vécu, aux sons de l'Argentine d'aujourd'hui, du moins de la façon dont je la ressens. Mon père aurait pu être outré de cette liberté mais au contraire, il semble très fier et heureux de mon parcours !

 

Comment se fait-il que vous soyez si intéressée par la Cumbia, qui ne vient pas d'Argentine mais bien de Colombie ?

 

La Yegros : Ma mère, très fervente d'art colombien, écoutait beaucoup de Cumbia. Et, il y a quelques années, j'ai eu la chance de rencontrer un musicien qui désirait remettre cette musique ancestrale à la mode en Argentine. J'ai toujours eu l'impression que la Cumbia coulait dans mes veines, j'ai évidemment adoré travailler avec lui. J'aime jouer avec les codes de cette musique, les malaxer et les remettre à ma sauce.

 

Comprenez-vous pourquoi vous semblez rencontrer un succès immédiat en France ?

 

La Yegros : Je pense que le public européen est beaucoup plus ouvert que le public argentin aux musiques d'ailleurs et aux mélanges iconoclastes. C'est vrai, on a un succès assez soudain et inattendu en France, où l'album vient de sortir. On m'a déjà fait l'éloge du festival Esperanzah!. Nous aurons l'honneur d'y rencontrer le public belge. On a hâte!

 

Entretien : François Colinet

 

 

 

 

La Yegros « Viene de mi » (ZZK LLC/ Parlophone)

Le Diable au corps vous prend dès les premières notes. C'est que Mariana Yegros excelle dans l'art du mélange, de la création d'ambiances festives au départ de musiques traditionnelles, comme la Cumbia par exemple. Cette voix stridente imprime un mystère qui vous invite au voyage entre sons urbains et instruments ancestraux. Embarquement pour Buenos Aires, entrez dans la danse!

 

François Colinet