Éléphant, coup de cœur à voir ce mercredi à la soirée "Sacré Français"

Eléphant
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Eléphant - © copyright : Emma Pick

Leur single "Collective mon amour", trotte dans nos têtes depuis le printemps mais ils se font rares en Belgique, alors ne le ratez pas ce mercredi 11 décembre dans le cadre de la soirée "Sacré Français" à Flagey, avec aussi Autour de Lucie, Saule, DAAN.

Entendu distraitement à la télévision en mai dernier, le groupe Éléphant nous a d'emblée intrigué. Par ce mélange homme-femme aux voix ingénues. Et par cette délicieuse pop désinvolte et légère. Lisa et François terminent avec nous leur journée de promo, contents d'avoir pu présenter leur projet en Belgique et pleins d'espoirs pour la suite. La conversation fut longue et très agréable.

 

La première chose qui nous frappe, c'est votre pochette..

 

Lisa : Oui, c'était une volonté de casser les codes, on voulait un gros contraste entre quelque chose de coloré et un graphisme assez brut, une écriture à la main.

 

On a travaillé main dans la main avec le graphiste du disque pendant toute la conception. Comme on ne sait pas combien de disques on pourra sortir dans notre vie, il fallait être fier autant de la pochette que de la musique !

 

Comment ce beau duo a-t-il débuté ?

 

Lisa: On avait des amis en commun dans le milieu de la musique mais c'est avant tout des envies de deux humains qui se connectent. François avait peur alors que moi j'avais moins peur mais j'avais besoin de quelqu'un qui me nourrisse.

 

François : Notre rencontre vient d'accidents. Une fille et un garçon, c'est à la fois original et universel ce n'est pas un duo genre "Garou et Celine Dion" ce sont deux voix qui se superposent. On fait tous les deux de la musique. Même si Lisa ne joue pas d'instrument, je la considère comme musicienne.

 

Lisa : Mais c'est mon premier projet musical. Le théâtre peut plus me peser parce que c'est de là que je viens, la musique, c'est nouveau, je suis émerveillée de tout.

 

François : Oui, mais les Beatles (ou les One Directions !) c’était aussi leur premier projet ! Il y a des gens qui s'excusent de faire de la musique parce qu'ils n'ont pas fait le Conservatoire mais pour moi, même si je l'ai fait, ça n'aide pas à écrire des chansons. Ce n'est pas du tout nécessaire, au contraire cela peut freiner !

 

Lisa : Ce qui vient est bon à prendre. On essaie d'être dans une démarche positive et décomplexée. François écrit beaucoup, moi je bidouille à côté de lui, je le titille, il me présente des trucs, et puis on cherche ensemble. Parfois il peut être bloqué et moi je me fie à mon intuition, ce n'est pas une méthode, c'est du feeling.

 

Avez-vous eu des difficultés à trouver un label?

 

François : Oui, ça été galère. Certains en trouvent facilement mais cela ne veut rien dire, parce que parfois on leur rend leur contrat avant même que le disque ne sorte, tout a été du travail dans cette histoire. Même aujourd'hui, 6 mois après, on n'a jamais rangé nos rames ! Ce n'est pas parce qu' on fait le journal de TF1 que les gens viennent au concert ou achètent nos disques. On avait fait un premier disque en autoproduction, on a tout fait seuls : la promo, démarcher les tourneurs, etc. On avait déjà pas mal joué sur scène avant de sortir cet album ! Être dans une maison de disques, cela aide mais cela ne change rien sur le fond. Ceci dit, depuis la sortie du disque, ce sont un peu les montagnes russes. On vit des moments très intenses en tournée, on fait de la promo, des interviews, des premières parties...

 

Lisa : Celle de Patrick Bruel à Bercy reste un souvenir inoubliable ! Le lieu est immense et les gens en harmonie avec nous, alors qu'ils n'étaient pas venus pour nous voir, c'était hallucinant !

 

Vous chantez "Alors ne faisons rien qu'on n'ait déjà connu…", votre projet est-il une vraie prise de risque ?

 

 

François : Il faut évidemment prendre le contre-pied de ce texte. Notre cerveau aime ce qui est connu, il est éduqué à ne pas prendre de risque. Tout est relatif par rapport à d'autres, mais dans notre vie, ce projet est une vraie prise de risque, on ne sait pas de quoi demain sera fait. Ce disque est une vraie chance. Il y a des gens qui voudraient qu'on commence à réfléchir au prochain, mais nous on n'est pas du tout là-dedans, on veut faire connaître celui-ci, profiter de ce qui arrive. On a été très bien accueilli en France. La presse a été séduite par un côté léger que l'on ne percevait pas forcément et qui fait du bien. Et puis, en français, il ne sort pas grand chose à part un belge qui mesure 1 m 95 et que vous connaissez peut-être ?! (Stromae NDLR)

 

Comment vous êtes-vous retrouvez à écrire "Les espaces et les sentiments" pour Vanessa Paradis ?

 

François : C'est l'histoire d'un directeur artistique qui apprend que cette jeune fille cherche des titres et qui me dit de proposer quelque chose. C'était en février 2012. J’écris ce titre en un après- midi. Et 6 mois plus tard, j’apprends qu'il a plu et qu'elle désire le chanter. Entre temps, Lisa et moi on se l'était un peu approprié. Du coup, on a bien vérifié qu'elle le voulait et, magnanime, on lui a laissé ! En plus, le hasard veut que nos disques respectifs soient sortis le même jour donc, c'est devenu officiellement sa chanson et c'est très bien comme ça. C’est une super carte de visite. Être à côté des Biolay, Boogaerts et compagnie, cela nous faut rentrer dans une famille, ce que l'on n'avait pas jusque-là. Il n'y a rien à faire les gens aiment les cases et c'est très flatteur d'être cités à coté de ces gens- là !

 

Entretien : François Colinet

 

En concert ce mercredi 11 décembre dans le cadre de la soirée "Sacré Français Paris-Bruxelles connivence" à Flagey, Bruxelles.

Plusieurs artistes de la scène francophone fêtent le retour du groupe Autour de Lucie.

Éléphant - Collective mon Amour (Sony Music)

Un disque obsédant ! Dès le début, les boîtes à rythmes sur "Les voyages" donnent le ton d’un album sautillant et entêtant. Deux voix qui se complètent à merveille, des compositions hyper efficaces que l’on se surprend à fredonner sans y penser. Même les morceaux plus graves et lents (Belles cordes sur "Oui peut être non") séduisent en mettant la fragilité de Lisa en avant. Collection de perles pop pleines de couleurs, LA révélation francophone de l’année ! FC

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