" Vite " au Centre Belge de la Bande Dessinée à Bruxelles : la création " parallèle " à l'honneur

Vite
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Vite - © Denis Marien

Le Centre Belge de la Bande Dessinée ne se contente pas de mettre en avant le neuvième art dans ce qu’il peut avoir de reconnu… Le CBBD offre ses cimaises jusqu’au 9 avril prochain à une revue résolument moderne !

La bande dessinée est, définitivement, à mon point de vue, une littérature à part entière, utilisant différents moyens pour arriver à s’offrir en partage, des moyens qui vont du mot à l’illustration, du découpage à la couleur, de la narration à la réflexion. Finalement, tout est possible, toujours, d’ailleurs, dès qu’on parle du mot " art ".

Et cette revue, " Vite ", en est un exemple parfait. Plus de trente auteurs s’y retrouvent, côte à côte, avec, tous, une manière très différente d’approcher le monde la création graphique, et donc celui de la bande dessinée.

Il faut dire que la ligne éditoriale de cette revue, dont le maître d’œuvre est Denis Marien, n’a, tout compte fait, qu’un seul but : offrir un média à la liberté

Chaque nouvelle parution de " Vite " s’axe autour d’un thème commun, que tous les auteurs présents dans ses pages conjuguent selon leurs propres envies, leurs propres goûts, leurs propres inspirations plurielles.

Le thème de cette revue-ci est très significatif, sans aucun doute, de l’époque qui est la nôtre, puisque c’est de poison qu’il s’agit…  Poison physique, comme celui de la pollution, poison moral aussi, celui de toutes les autres pollutions qui minent le quotidien de tout un chacun, d’élection en guerre, de dictature en semblant de démocratie…

C’est dire qu’autour de ce thème les résultats sont nombreux, extrêmement variés, tant il est vrai que chacune et chacun a sa manière propre, au travers de l’art, d’aborder cette thématique.

Je le disais : il y de tout dans cette revue… Et chaque lecteur y aimera ce qu’il a envie d’aimer, tous les goûts, en matière d’art aussi, étant dans la nature humaine.

Pour ma part, je voudrais épingler quelques auteurs qui me paraissent, humblement, pleins de véritables promesses.

Molist, par exemple, et son dessin assez proche d’une certaine ligne claire.

Ou Cecilia Valagussa, et son héroïne Diane…

Ou encore Arnaud Lorne, et son sens de l’ellipse, Frédérik Van den Stock, au graphisme dans la veine de Larcenet, et David Wautier, plus classique peut-être, mais innovateur en même temps dans la trame narrative !

Et j’en oublie…  

Et tout ce beau monde a donc, aujourd’hui, sa place au musée bruxellois de la bande dessinée, le CBBD !

Ce Centre Belge de la Bande Dessinée ne se contente pas, ne s’est jamais contenté d’ailleurs, de se faire l’hôte du neuvième art dans ce qu’il a de seulement traditionnel. L’éclectisme est et reste son mode de fonctionnement, et c’est très bien ainsi !

Tout le monde ne va pas tout aimer de cette exposition consacrée à " Vite ", c’est évident. Et c’est tant mieux !... Mais tout le monde va y avoir l’occasion de découvrir quelques nouveaux horizons qui, sait-on jamais, deviendront demain des trames classiques de la bd !

Une expo à voir, donc…

Pour le plaisir, humaniste toujours, de la découverte.

L’art, quelle qu’en soit la forme, cela se partage. " Vite " est un remue-ménage d’images, un remue-méninges d’idées, et, à ce titre déjà, il mérite de se montrer à tout un chacun !

 

Jacques Schraûwen

Vite, Poison (maître d’œuvre : Denis Marien)