Une exposition de Bernard Yslaire et Laurence Erlich au Sablon, à Bruxelles

Expo Yslaire
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Expo Yslaire - © Yslaire/Erlich

En parallèle du livre " Fleur de pavé ", qui vient de paraître aux éditions Glénat, la galerie Huberty & Breyne vous invite à découvrir les relations complices entre Yslaire, dessinateur, et Laurence Erlich, photographe.

Yslaire appartient, bien évidemment, à l’univers de la BD, à celui du neuvième art dans ce qu’il peut avoir de plus spectaculaire, de plus inattendu parfois, de plus somptueux souvent.

Mais au-delà de la planche qui se destine à l’impression, il y a chez lui une vraie démarche artistique, dans la tradition des grands peintres du dix-huitième et du dix-neuvième siècle. Dans la lignée aussi des écrivains et des poètes, les symbolistes plus que les réalistes. La folie surréaliste et amoureuse de Rimbaud, le spleen et le parti du gouffre de Baudelaire appartiennent pleinement à sa manière de raconter une histoire.

Graphiquement, même si Yslaire est un de ceux pour qui la modernité des moyens est une source de neuves expériences visuelles, cet auteur à part entière reste un dessinateur au trait immédiatement reconnaissable, aux couleurs capables de créer, plus que des ambiances, des atmosphères profondes et variées.

Des atmosphères souvent érotiques, d’ailleurs, tant la chair habite ses dessins, ses planches, ses œuvres…

Ne croyez pas, cependant, que vous allez simplement découvrir, aux murs de la galerie Huberty Breyne, les planches originales de son dernier livre, " Sambre-Fleur de pavé ".

Cette exposition est plus ambitieuse. Plus intime aussi, puisqu’elle met en scène tout le travail d’Yslaire en amont de ses planches définitives. Puisqu’elle met en scène, surtout, la complicité qui l’unit à une photographe au talent à la fois de douceur et de mystère, de constraste et de flou, Laurence Erlich.

Le spectateur-lecteur plonge dans les coulisses de la création, tout au long de cette exposition qui mêle dessins d’atelier, photos de modèles, illustrations, recherches graphiques, approfondissements de la palette picturale…

Regards croisés, regards complice, la photo comme support, et le dessin comme langage amoureux : voilà peut-être ce qui pourrait caractériser cette exposition !

Ne croyez pas non plus qu’Yslaire tire toute la couverture à lui, dans cette exposition. Le dessin est un langage… La photo aussi… Et c’est à un dialogue qu’on assiste, en fait, au long de cette exposition, un dialogue dans lequel le spectateur/lecteur a toute sa place, tout le temps !...

 

Jacques Schraûwen

Sambre.Intérieur/Atelier : une exposition de Bernard Yslaire et Laurence Erlich (du 28 octobre au 4 décembre – Galerie Huberty Breyne, Place du Grand Sablon à Bruxelles)