Stalag IIB – fin du voyage pour René et Jacques Tardi

Stalag IIB
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Stalag IIB - © Casterman - 2018

Retour en Allemagne pour l’ex-prisonnier.

 

Retour de captivité pour René Tardi.  Libéré du Stalag, il retrouve sa femme, sa famille et une vie normale dans une Europe qui n’a pas fini de panser ses plaies.  Enfin normale… si on l’oublie les privations toujours d’actualité, le semi-mépris de ceux qui considèrent les soldats de ’40 comme des perdants et surtout la fréquentation d’ex-collabos plus ou moins repentis que l’état français a récupéré à son compte.  Bref, plus par facilité que par conviction René reste à l’armée et se réengage plusieurs fois ce qui lui vaut une affectation en " ZOF " soit la Zone Occupée Française en Allemagne.

 

Troisième et dernière partie d’un récit intimiste au parfum d’autobiographie de Tardi.  Dans une première moitié d’album, il suit fictivement son père racontant ses souvenirs de libération avant que de prendre lui-même la parole et de raconter ses souvenirs d’enfances.  Empreint d’un antimilitarisme forcené -et parfois caricatural- il raconte une jeunesse en Allemagne occupée faites des petites choses du quotidien.  C’est plein d’informations mais parfois un peu décousu car le récit -ou plutôt la chronique- ne suit pas un fil conducteur bien identifiable.
Soit, l’ensemble reste malgré tout intéressant pour qui voudrait en connaitre plus sur le quotidien de la population de l’immédiate après-guerre.

Comme dans les tomes précédents, Tardi découpe ses planches en 3 grandes cases panoramiques permettant d’inclure les personnages dans les décors qu’ils décrivent comme s’ils étaient placés devant un écran de cinéma.  Ce n’est peut-être pas d’un dynamisme délirant mais ça colle bien au propos.

 

Bref : un tome très différent des deux précédents mais qui plaira aux inconditionnels de Tardi.

 

TITRE : Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB - Tome 3 - Après la guerre

AUTEUR : Tardi (D & S)

EDITEUR : Casterman

GENRE : “Les après-guerre sont faites pour enterrer les morts et trouver quelques belles phrases.” (Francis Blanche)

 

Denis MARC