Savage

Savage
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Savage - © Delcourt - 2015

Résistants roastbeef contre buveurs de vodka

 

1991, le régime communiste s'effondre en Union Soviétique. Profitant du chaos engendré, le maréchal Vashkov prend le pouvoir et fonde la République Volgane. Il envahit l'Angleterre dans la foulée sous le regard complice des Etats-Unis, bien décidés à partager le monde en deux blocs. Dans cette ambiance d'occupation, des rebelles tentent de repousser l'envahisseur russe des rues de Londres. Parmi eux : le mythique Bill Savage, réputé mort après un attentat suicide, il utilise ses méthodes très personnelles pour se battre dans la clandestinité.

 

Tenant à la fois du récit de résistance classique et de V pour Vendetta pour l'ambiance et le décor, Savage est un récit dur et sombre dû à un duo d'habitués du genre BD brute pour les brutes avec des brutes. On retrouve par exemple Pat Mills au scénario de séries comme Judge Dredd ou Star Wars et Adlard au crayon de Walking Dead ou Superman.

 

Loin des superhéros cette fois, Mills propose un scénario de près de 200 pages riches voire touffues où l'ambiance délétère de l'occupation semble écraser des personnages parmi lesquels on retrouvera les classiques du genre : le résistant pur et dur, le collabo veule et les politiciens corrompus par le pouvoir et l'argent. Au-delà des personnages, c'est la violence omniprésente qui frappe le lecteur. Qu'elle soit dans les actes ou l'ambiance, elle saisit dès l'abord du livre pour ne plus se relâcher. Récit de lutte contre une forme de fascisme, Savage est un récit désespéré où les rapports de force tiennent lieu de relation sociale.

Le dessin de Adlard tout en aplats de noir et blanc renforce encore l'atmosphère lourde de l'ensemble. Malgré le côté brut des planches, le grand talent d'Adlard consiste à rendre vivantes et dynamiques des planches a priori aussi dures que celles de cet album.

 

En bref : un album coup de poing efficace et viril

 

Savage par Adlard et Mills chez Delcourt coll. Contrebande

 

Denis MARC