Riad Sattouf dans le taxi de Jérôme Colin, ce dimanche 13 septembre à 22h50 sur la Deux

Sa BD fait un carton. Riad Sattouf, auteur, dessinateur et cinéaste franco-syrien publie le deuxième tome de son autobiographie graphique, L'arabe du futur. Tour à tour impertinent, sérieux et drôle, Riad Sattouf décortique les raisons de ce succès avec Jérôme Colin.

Costume sage, visage enfantin et espiègle, Riad Sattouf s'est engouffré joyeusement dans le taxi de Jérôme Colin. Il s'est immédiatement emparé d'une banane qui traînait là (par hasard ?). Les bananes, il adore ça depuis qu'il est tout petit. " Je suis à moitié banane, je comprends la banane ", rigole-t-il juste avant de faire un discours sur la fécondité du fruit. Le ton est donné, on ne va pas s'ennuyer.

Depuis l'enfance, le dessin est un exutoire pour Riad Sattouf. Dès le début des années 2000, à ses débuts dans la bande dessinée, il investit l'atelier mythique de Christophe Blain, Mathieu Sapin et Johan Sfar. Il publiera aussi chaque semaine un strip de La vie secrète des jeunes dans Charlie Hebdo durant dix ans. Il s'intéresse particulièrement aux traumatismes de l'adolescence ; et juste après avoir sauvé un papillon en le sortant délicatement par la fenêtre du taxi, il explique que les rouages de la violence dans notre société l'intéressent. Surtout la transmission souvent inconsciente de cette violence de parent à enfant.

Riad Sattouf rêve de faire du cinéma et c'est une productrice d’origine belge, Anne-Dominique Toussaint, qui lui en donne l'occasion. Il réalise Les beaux gosses qui sort en 2009. Le film largement inspiré de sa série BD La vie secrète des jeunes remporte le César du meilleur premier film. Son deuxième film, Jacky au royaume des filles, aura moins de succès sans être anodin pour autant.

Les débuts de la guerre civile en Syrie, en 2011, marquent le commencement d'un nouveau récit sous forme de roman graphique, L'arabe du futur. Pétri de panarabisme et de volonté de mettre ses talents universitaires au service de l'enseignement d'abord dans la Libye socialiste de Khadafi et puis dans son pays natal, la Syrie, le père de Riad Sattouf y avait entraîné femme et enfant. Le dessinateur fait le récit de la confrontation de ses deux cultures et fait mouche. Les tribulations d'une mère bretonne, d'un père syrien et de leur enfant au Moyen-Orient, il y a plus de trente ans, deviennent des best-sellers. Le premier tome se vend comme des petits pains et remporte le Fauve d'Or à Angoulême. Le deuxième tome ne semble avoir rien à envier au premier.

Alors qu'il travaille sur les deux prochains volets de son histoire, Riad Sattouf déclare ne se sentir ni Français ni Syrien, mais du peuple des auteurs de bandes dessinées, "un peuple qui a ses traditions et qui s'est répandu dans le monde entier. Un vrai peuple", dit-il.

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