Puisqu'il faut des hommes ou "TSPT et résilience"

Puisqu'il faut des hommes
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Puisqu'il faut des hommes - © Bamboo / Grand Angle - 2020

1961 – Joseph revient d’Algérie. Pour les habitants du village, il n’est qu’un planqué qui officiait dans un bureau plutôt que sur les zones de combat, un lâche qui a esquivé les durs travaux de la ferme. Personne ne lui pardonne d’avoir abandonné sa famille, alors que son frère est cloué sur une chaise roulante, victime d’un accident de tracteur pendant son absence. D’enfant du pays, Joseph revient en paria. Heureusement, l’honneur du village est sauf : le fils du cafetier, lui, s’est battu en Algérie. Mais quand il revient à son tour de la guerre et révèle aux habitants le secret de Joseph, l’invraisemblable vérité éclate au grand jour. (Texte de l’éditeur)

Il y a peu de BD consacrées à la guerre d’Algérie, il fallut attendre 1982 pour voir apparaître la première puis la consécration du diptyque Azrayen’de Giroud et Lax en 1986 pour libérer la parole sur une sale guerre dont personne n’était très fier.
Pelaez au scénario et Pinel au dessin décrivent le conflit franco-algérien sous l’angle du retour au pays d’un jeune fils de paysan parti s’engager et qui se retrouve seul face à l’hostilité des siens et des habitants de son village. Mais derrière le masque du bureaucrate planqué se cachent les mystères de son départ et des événements vécus dans le bled. C’est la problématique du trouble du stress post-traumatique que les auteurs abordent en réalité au travers du personnage de Joseph. Un trouble tardivement reconnu par les armées du monde entier qui valut à un grand nombre de soldats d’être fusillés pour lâcheté présumée.

Porté par un impeccable dessin aux teintes pâles et aux traits fins, l’ensemble se dévore d’une traite comme un bon suspense grâce à un scénario sans faille.

pour lire un extrait

 

TITRE : Puisqu’il faut des hommes

AUTEURS : Pinel (D) et Pelaez (S)

EDITEUR : Bamboo / Grand Angle

 

Cotation Mon Petit Neuvième : 4,5 / 5

 

Denis MARC