Primo Levi

Primo Levi
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Primo Levi - © Steinkis - 2017

Vous qui vivez en toute quiétude, Bien au chaud dans vos maisons (…) N’oubliez pas que cela fut. (P. Levi)

 

Une salle de classe.  La maîtresse annonce qu’elle ne fera pas le cours d’histoire, mais qu’un monsieur va venir raconter la sienne.  Le monsieur s’appelle Primo Levi, il est un ancien de cette même école et sur son bras sont inscrits pour toujours les chiffres 174517, histoire qu’on n’oublie pas qu’un jour il ne fut plus qu’un numéro matricule à Auschwitz.  Il a eu de la chance finalement Primo, parlant un peu d’allemand et chimiste de son état, il put survivre à l’internement et aux privations.  Il se sent coupable aussi, un peu, d’en être revenu alors que tant d’autres y ont disparu.

 

Célèbre pour son livre Si c’est un homme, Primo Lévi, juif italien, a effectivement donné de nombreuses conférences dans les écoles.  Alessandro Ranghiasci au dessin et Matteo Mastragostino au scénario utilisent ce point de départ pour évoquer sous forme de flash-backs le destin tragique de leur compatriote.  Débutant à la prise du maquis par le Turinois et à son arrestation rapide (Levi l’avoue lui-même, ses compagnons et lui n’étaient pas préparés à faire de la résistance), le récit se poursuit sur la déportation en train des juifs et leur arrivée à Auschwitz.  Ils décrivent avec subtilité le processus de déshumanisation des prisonniers, les geôliers jouant avec l’espoir des détenus, les privations et la mort.  L’album s’achève juste un peu tôt car de la libération de Levi et de son retour en Italie on ne saura rien, dommage pour le lecteur mais cohérent avec le pitch de départ qui veut que l’action se déroule dans une école sur un temps court.  Au final, l’album est d’une grande force évocatrice et d’un réel intérêt historique.

 

En bref : un témoignage indispensable pour ne pas oublier ce que l’homme est capable d’infliger à l’homme.

 

TITRE : Primo Levi

AUTEURS : Alessandro Ranghiasci (D) & Matteo Mastragostino (S)

EDITEUR : Steinkis

GENRE : Témoignage

 

Denis MARC