Pandora N°3

Troisième parution de ce magazine "Casterman" consacré à la bande dessinée lorsqu’elle s’aventure dans des chemins narratifs et graphiques inattendus, étonnants, différents…

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pandora © Casterman

Les circuits parallèles de l’édition, dans le monde de la bande dessinée, sont nombreux. Nombreux, oui, et souvent très intimistes quant à leur diffusion. Pourtant, et il en est ainsi depuis les années 60 et 70 et la mode underground qui y sévissait, c’est dans ces univers alternatifs que se révèlent parfois quelques talents à ne pas rater.

Donc, de prime abord, toutes les raisons sont réunies, avec Pandora, pour que cette revue permettre à tous les amoureux du neuvième art, à tous les curieux de ce que ce moyen d’expression artistique peut offrir comme possibilités, à tout un chacun de faire des découvertes variées.

C’est ainsi qu’on peut comparer cette revue, qui en est à sa troisième parution, à une suite de boîtes de Pandore, desquelles s’échappent, au fil des pages tournées, des vices, sans doute, mais aussi des éblouissements !

Chaque album de cette série de magazines ressemble, oui, à un petit meuble, aux nombreux tiroirs. Et chaque lecteur peut, à sa guise, ouvrir les tiroirs qu’il souhaite, y fouiller à son aise ou, tout au contraire, vite les refermer.

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Dans ce numéro trois, comme dans les précédents d’ailleurs, il y a de tout, vraiment de tout ! Du Corto Maltese, de Pellejero et Canales, en une histoire courte qui, personnellement, me semble peu aboutie… Mais il y a aussi du Miguelanxo Prado, extrêmement ramassé et superbement réussi. On y croise Alfred, tout en sourires, et Florence Dupré la Tour, au dessin d’un symbolisme tout en courbes et en nuances sombres. Il y a Anthony Pastor, presque classique, et Baptiste Gaubert, d’une étonnante et sanglante poésie. Il y a Hugues Micol, qui nous parle de l’horreur quotidienne du racisme le plus manichéen qui soit. Il y a Tom Tirabosco et sa sorcière migrante. Et le très coloré, dans son scénario comme dans son dessin, Julien Neel, et Johan De Moor en une vision raccourcie de l’existence de la Terre, et Max de Radiguès…

Il y aura, pour tout le monde, en fait, le meilleur et le pire, chacun ayant sa propre notion de ce qu’il aime et de ce qu’il n’aime pas !

Et c’est là la première qualité, une qualité essentielle, de ce " Pandora " : montrer, sans imposer, et permettre au lecteur, quel qu’il soit, de se faire sa propre idée, sa propre opinion sur ce qu’est la bande dessinée, aujourd’hui, sur ce qu’elle peut devenir dans les années à venir.

La BD comme tout art est en constante évolution. Et je ne peux que vous inviter, grâce à "Pandora", à en découvrir les errances, les réussites, les folies, les étonnements !

 

Jacques Schraûwen

Pandora N°3