OSS 117 - Téquila Molotov

OSS 117
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OSS 117 - © Soleil - Rinaldi & Gihef - 2015

Espionnage old fashion et calembours (moi 'l mou)

 

En pleine guerre froide, alors qu'Hubert Bonisseur de la Bath est en pleine séance de séduction, son amie du jour est enlevée par son patron sous ses yeux.  Car Hubert a une mission plus urgente que courir la prétentaine. Agent d'élite de la CIA, il lui faut infiltrer l'ambassade russe de Mexico afin d'y récupérer des documents confidentiels. Se faisant passer pour un membre du parti en transit vers Cuba, il pénètre le bâtiment et commence son enquête.

 

Malgré 250 romans parus et 75 millions d'exemplaires écoulés, OSS 117 était un peu tombé dans l'oubli ces dernières années. Il aura fallu les deux films d'Hazanavicius avec Jean Dujardin pour le faire revivre dans la mémoire du grand public. Qu'on ne s'y trompe pas, le propos des auteurs ici n'est pas de jouer sur la parodie comme dans les films précités mais bien de faire revivre le personnage original bien moins crétin que la caricature de Dujardin. Tout d'abord, OSS 117 doit son nom à… l'OSS (Office of Strategic Services), le bien réel précurseur de la CIA, si ses ancêtres sont bien français -comme son nom l'indique-, il est, lui, américain. Plus fantasque que son alter ego 007, il aura vécu sous la plume de pas moins de 4 auteurs : Jean Bruce, sa femme Josette ensuite et finalement Martine sa fille et son frère.

 

Gihef -le scénariste- rencontré récemment nous parlait de cette adaptation :

"C'est Martine qui a donné son accord à cette adaptation BD au bout d'un travail de longue haleine de 3 ans. Je voulais de vraies histoires d'espionnage avec un peu de légèreté, de l'humour, des bons mots. Ce n'est pas de l'espionnage pur et brut. Pour l'univers, je suis très fasciné par les années 50-60, j'aime les vieux James Bond. Maintenant pour être honnête, en dehors des films d'Hazanavicius, je ne connaissais pas vraiment le personnage, puis j'ai vu les vieux films d'André Hunebelle qui sont très décalés avec une certaine légèreté, on a gardé ce ton-là. Comme je suis content du résultat, les 2ème et 3ème albums sont déjà en route."

Bourré de jeu de mots réjouissants dans les descriptifs et mené tambour battant, l'album se lit d'une traite avec plaisir et sans prise de tête. Le scénario tient la route de bout en bout malgré la fantaisie qui l'anime.

Au dessin, on trouve Pino Rinaldi. Plus habitué aux super héros, il trouve ici un univers qui semble lui convenir. La mise en scène est efficace et dynamique. Il glisse ici et là des références aux sixties, ainsi de ces affiches de Sinatra et Dean Martin qui ornent un mur et ajoutent à l'ambiance délicieusement surannée de l'ensemble.

 

En bref : de la BD d'aventure à l'ancienne alliant humour décapant et jolies filles.

Téquila Molotov pour OSS 117 par Rinaldi et Gihef chez Soleil (parution ce 16 septembre)

 

Denis MARC