Ninn : 2. Les Grands Lointains

Ninn
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Ninn - © Kennes

Un deuxième tome qui remplit toutes les promesses d’une série passionnante ouverte à tous les publics…

Dans le premier tome de cette série, on découvrait Ninn, une adolescente à la recherche de ses racines. Trouvée dans le métro, elle avait été "adoptée " par deux cheminots, et on la voyait vivre dans un Paris qui était son domaine. On la voyait, surtout, quitter ce monde connu pour suivre un tigre de papier, qui, dans les profondeurs du métropolitain, se révélait réel.

Et ici, dans ce deuxième volume, c’est dans ce monde parallèle, celui des Grands Lointains, qu’on la retrouve, en compagnie de son ami le tigre, mais aussi de personnages infiniment moins sympathiques.

Elle qui voulait savoir qui elle était, ce qu’elle veut découvrir, dans ce deuxième volume, c’est le monde qui est véritablement le sien, un univers totalement improbable, mais dans lequel elle risque à chaque pas à la fois sa vie et son équilibre.

Les Grands Lointains, dont elle est la gardienne sans le savoir, se construisent au long des méandres touffus d’une jungle qui a des aspects post-apocalyptiques. Les Grands Lointains, finalement, ce sont en même temps les papillons du rêve et de la mémoire et les créatures du cauchemar et de la mort.

Tous ce qui m’avait séduit dans " La Ligne Noire ", tome initial de Ninn, me séduit encore et toujours dans ces Grands Lointains. On y trouve la ville face à la nature la plus sauvage et la plus rêvée qui soit, on s’y plonge dans une poésie se mélangeant intimement au fantastique, et tout cela avec un rythme évident, qui se révèle vite essentiel, avec un sens de l’imaginaire et de l’inventivité, tant au niveau du scénario que du dessin.

C’est un livre qui, bien évidemment, a les mêmes influences, totalement assumées, que dans le premier opus, celles d’une littérature qui, pour offerte à la jeunesse qu’elle fût, n’en était pas moins aussi ouverte à tout adulte se souvenant de l’enfant qu’il a été: Alice au pays des merveilles, Peter Pan, Le livre de la jungle...

Et j’aime ces séries, assez rares finalement, qui réussissent à s’ouvrir véritablement à tout un chacun, à être profondément "tous publics", sans aucune mièvrerie.

Dans le dessin également, les influences sont présentes. Le rythme dans le graphisme rappelle le côté syncopé des mangas, et les personnages, eux, leurs expressions, appartiennent sans aucun doute à la mouvance belgo-française.

Pour accompagner une histoire pleine de rebondissements, un récit s’enfouissant dans l’horreur, parfois, et le faire sans tomber dans les travers du comics à l’américaine, il fallait un dessin souple, un dessin qui réussisse à se frayer un passage entre l’action et la réflexion sans accentuer les côtés sombres et lourds. C’est le cas du dessin de Pilet, et ce grâce en partie à la couleur qui, en certaines pages, surtout celles qui n’ont qu’un ou deux dessins, devient un élément important de l’histoire racontée.

Ninn : une série qui ne faiblit pas, et qui, donc, nous offre bien des promesses de plaisirs de lectures pour ses prochaines parutions ! A placer auprès de " Seuls ", de " Magic7 ", de " Frnck " dans vos bibliothèques tendues à vos envies de lecteur et à celles de toute votre famille !...

 

Jacques Schraûwen

Ninn : 2. Les Grands Lointains (dessin : Johan Pilet – scénario : Jean-Michel Darlot – couleurs : Barthelemy – éditeur : Kennes)